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22/01/2013

Lutte biologique contre les insectes nuisibles : un exemple à suivre

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/01/21/a-lima-la-guerre-des-bons-insectes-contre-les-mechants-parasites_1820013_3244.html

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Pérou : Lima lance la guerre des "bons" insectes contre les "méchants" parasites

LE MONDE | 21.01.2013 à 14h09 • Mis à jour le 22.01.2013 à 17h13 Par Chrystelle Barbier - Lima, correspondance

Isolé dans un entrepôt de Lima, l'insectarium municipal du riche quartier de Miraflores ne mesure pas plus d'une vingtaine de mètres carrés.

C'est ici que la biologiste Patricia Llanos, qui le dirige, élève tous les insectes destinés à être relâchés pour éliminer les parasites qui ravagent les parcs de la capitale péruvienne et ruinent les efforts des jardiniers. "Tout cela sans utiliser d'insecticides chimiques, sans polluer et en protégeant la biodiversité", s'enthousiasme la scientifique.

"Cette expérience de lutte biologique a commencé il y a six ans", raconte le maire de Miraflores, Jorge Muñoz, lorsque la municipalité s'est aperçue que les insecticides utilisés jusqu'alors avaient également des effets néfastes sur l'ensemble de la faune.

80 300 INSECTES ÉLEVÉS EN CAPTIVITÉ ONT ÉTÉ LIBÉRÉS

Depuis 2011, 80 300 insectes élevés en captivité ont été libérés dans les parcs de Miraflores, notamment dans la zone de bord de mer, aujourd'hui totalement libre d'insecticide.

"Dans tout écosystème, pour chaque prédateur il existe une proie. Dans la nature, les insectes comme les coccinelles, les punaises ou encore les chrysopes, se nourrissent de parasites comme les mouches blanches ou les pucerons qui abîment les fleurs et feuilles", explique Mme Llanos.

Le but de l'insectarium de Miraflores est donc de rétablir un équilibre naturel en élevant ces "bons" insectes en masse afin de les libérer dans les parcs infestés pour qu'ils dévorent à leur tour les parasites.

LES RÉSULTATS SONT VISIBLES EN QUELQUES JOURS

"L'important n'est pas d'éliminer totalement les parasites – sans lesquels les insectes prédateurs n'auront plus rien à manger –, mais de limiter au maximum leur action pour qu'ils ne défigurent pas nos espaces verts", souligne Mme Llanos, qui affirme que les résultats sont visibles en quelques jours.

Evidemment, les insecticides ont, eux, un effet immédiat sur les parasites. "Mais ils polluent et laissent une odeur pouvant être dangereuse pour la santé publique", rappelle la biologiste.

"Ces insectariums sont faciles à mettre en place et peu coûteux", insiste, pour sa part, Roberto Mannucci, le gérant des espaces verts du district, qui espère que l'expérience fasse des émules.

MIXTURE À BASE DE MIEL, DE LEVURE DE BIÈRE ET DE MACA

Doté d'un faible budget de 3 100 euros par an, l'insectarium de Miraflores fonctionne en effet de manière très rudimentaire. "Je conserve les œufs dans des verres ou des boîtes en plastique", raconte Patricia Llanos, en préparant une mixture à base de miel, de levure de bière et de maca, une céréale andine faisant partie du régime des prédateurs.

"Je leur réserve un repas très nutritif pour qu'ils soient efficaces, s'amuse la biologiste. Il faut s'occuper des larves quotidiennement, sinon elles meurent."

Chaque semaine, elle accueille des classes de collégiens pour leur expliquer l'utilité de l'insectarium, en espérant que cela aidera à sensibiliser petits et grands au rôle des insectes dans la protection de l'environnement.

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