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19/03/2013

Des pesticides "sans risques" ?

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/14/des-traces-de-pesticides-sans-risques-dans-les-assiettes-europeennes_1847680_3244.html

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Des traces de pesticides "sans risques" dans les assiettes européennes

LE MONDE | 14.03.2013 à 12h27 Par Stéphane Foucart

Alors que le scandale de la viande de cheval bat toujours son plein, l'information est de nature à réintroduire un peu de confiance entre le consommateur et son assiette. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a rendu public, mardi 12 mars, son rapport annuel sur les résidus de pesticides dans l'alimentation et conclut à "des taux de conformité qui demeurent élevés".

Selon l'agence européenne basée à Parme (Italie), l'analyse des données transmises par les 27 pays membres de l'Union européenne (ainsi que la Norvège et l'Islande) montre que 97,2 % des échantillons prélevés en 2010 présentent des résidus de pesticides inférieurs ou égaux à la limite légale, encore appelée limite maximale de résidus (LMR).

TRACES DURABLES DANS LES GRAISSES ANIMALES

Cependant, l'association Générations futures estime que la contamination des aliments "reste à un haut niveau, avec 65 % des fruits et 39 % des légumes contenant des résidus" et qu'au total "26,6 % des échantillons de ce plan de surveillance contiennent des résidus de deux pesticides ou plus".

A l'inverse, environ 87 % des échantillons de produits animaux sont exempts de toute trace détectable de pesticides et seuls 0,1 % excèdent la LMR. Les deux substances les plus fréquemment détectées dans cette catégorie d'aliments sont le DDT et le HCH, deux insecticides organochlorés, interdits il y a environ trente ans en Europe, mais qui s'accumulent durablement dans les graisses animales sans se dégrader. Ils seront toujours là dans quelques siècles.

Au total cependant, les faibles taux moyens de contamination conduisent l'EFSA à conclure qu'"il n'existe pas de risque à long terme pour la santé des consommateurs en relation avec les résidus de pesticides présents dans l'alimentation". Selon le rapport européen, seuls 0,4 % des échantillons testés présentaient des résidus de pesticides en quantité suffisante pour présenter des risques d'intoxication aiguë.

LE RECORD DU CHOU CHINOIS

Les produits les plus fréquemment détectés en excès sont l'avoine (5,3 %), les laitues (3,4 %), les fraises (2,8 %) et les pêches (1,8 %). Les produits biologiques sont globalement trois à quatre fois moins pris en défaut que ceux issus de l'agriculture conventionnelle, mais l'EFSA relève que certains pesticides détectés dans ces produits ne sont pas autorisés en agriculture biologique. Ces chiffres rassurants masquent de grandes disparités selon l'origine des produits. "Les taux de dépassement des LMR pour les aliments importés, note l'EFSA, se sont révélés plus de cinq fois plus élevés que ceux des aliments produits dans l'Union européenne, en Norvège et en Islande : 7,9 % contre 1,5 %."

Le record est détenu par le chou chinois (importé de Chine), qui contient un ou plusieurs produits en excès dans 83,3 % des cas, suivi par le brocoli chinois (79,6 %) et par la feuille de vigne turque (64,3 %).

Les pays ou régions le plus souvent en excès sont le Cambodge, dont 50 % des productions testées en Europe contiennent trop de pesticides, la Mongolie (50 %), Hongkong (47,8 %), le Bangladesh (44,4 %), la Bolivie (33,3 %) ou encore l'Inde (28,3 %) – l'EFSA note cependant que le faible nombre d'échantillons rend ces estimations statistiquement fragiles.

Quant à la France, 2,6 % des denrées échantillonnées qui y sont produites présentent un excès de résidus de pesticides, tandis que 3,2 % des produits échantillonnés sur son sol (toutes provenances confondues) sont dans ce cas.

François Veillerette, porte-parole de Générations futures, suspecte une franche sous-estimation. La France, dit-il, se situe "parmi les derniers pays européens pour le nombre d'échantillons analysés par tranche de 100 000 habitants". De plus, les analyses qui y sont conduites "ne recherchent que 332 molécules, contre 788 en Allemagne". La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), chargée de ces mesures pour la France, n'a pas donné suite aux sollicitations du Monde.

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