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17/04/2013

Nurseries pour des ports exemplaires dans l'Hérault

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/13/en-mediterranee-des-nurseries-pour-les-sars-et-les-dorades_3159303_3244.html

En Méditerranée, des nurseries pour les sars et les dorades

Montpellier, correspondante

De manière instinctive, les larves de nombreux poissons se dirigent vers les côtes, attirées dans les ports par la lumière, la chaleur des eaux et... les détritus dont elles se nourrissent. Mais elles se heurtent à des côtes bétonnées, qui ont fait disparaître les berges sableuses ou rocheuses où elles auraient pu se protéger. Résultat : ces larves de poissons côtiers (sars et dorades notamment) se font manger par les prédateurs (mulets ou loups), ce qui explique en partie la raréfaction de la ressource halieutique.

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Une PME de l'Hérault, Ecocean, spécialisée dans les écloseries de poissons, a mis en place un projet européen de nurseries pour répondre à cette problématique. "Nous avons copié la nature, explique Yann Guais, l'un de ses responsables. Comme on ne peut pas mettre d'abris rocheux dans des ports, nous avons imaginé de simples cages en acier."

Environ 200 de ces refuges viennent d'être installés dans six ports méditerranéens : Mèze, Port-Vendres, Le Barcarès, Vendres, Le Cap-d'Agde et Six-Fours. Le dispositif est formé de deux cages grillagées où les larves peuvent entrer mais pas les prédateurs : la première, garnie de coquilles d'huîtres où se fixent des micro-organismes, sert de garde-manger, la seconde d'abri.

"ATTEINDRE LA TAILLE REFUGE"

"Nous immergeons les cages de mars à septembre, le temps pour les larves d'atteindre la "taille refuge", celle de juvéniles trop grands pour la bouche des prédateurs", précise Yann Guais. Le jeune poisson peut ensuite regagner le large et trouver des abris rocheux.

Le projet Nappex (Nurseries pour des ports exemplaires) est financé par l'Agence de l'eau et le département de l'Hérault à hauteur de 450 000 euros. Il adapte aux ports la politique déjà menée au large avec des récifs artificiels. Deux scientifiques du Centre de formation et de recherche sur les environnements méditerranéens (Université de Perpignan) ont soutenu fin 2012 une thèse prouvant que ces récifs ont permis la sédentarisation de poissons de roche ou de poissons plats.

"Nous allons quantifier le gain environnemental en procédant à des comptages pendant deux ans", annonce Ecocean. Si les bénéfices de ces nurseries se révèlent importants, le système pourrait être généralisé à d'autres ports, de la Méditerranée comme de l'Atlantique.

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Biodiversité

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