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19/04/2013

Rentrée des classes : des profs dans chaque classe ?

lu sur :

http://www.lemonde.fr/education/article/2013/04/18/mille-postes-supplementaires-de-remplacants-pour-limiter-a-la-rentree-le-fleau-des-classes-sans-prof_3161842_1473685.html

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Mille postes supplémentaires de remplaçants pour limiter à la rentrée le fléau des classes sans prof 

LE MONDE | 18.04.2013 à 11h06 • Mis à jour le 18.04.2013 à 14h57

Par Maryline Baumard

Un maître devant chaque classe. C'est la plus basique des ambitions de l'école, et pourtant elle n'est pas possible partout, faute d'enseignants en nombre suffisant. Alors que les recteurs finissent de répartir pour la rentrée les 7 000 postes créés au budget 2013, le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon, devait se rendre jeudi 18 avril au rectorat de Créteil pour souligner que l'amélioration du remplacement est une de ses priorités. Il rappellera qu'en septembre, 720 professeurs des écoles supplémentaires et 282 professeurs de collèges et lycées rejoindront les rangs des enseignants prêts à suppléer leurs collègues. 

Entre 2009 et 2012, ce sont 5 000 postes de remplaçants qui ont disparu dans l'hémorragie du système éducatif. A la rentrée ces coupes passent inaperçues mais au fil des mois, le potentiel s'épuise et perd de son efficacité pour arriver "au bord de la rupture", de l'aveu même des inspecteurs généraux auteurs d'un diagnostic caché par la droite avant d'être rendu public par Vincent Peillon à son arrivée en mai 2012. Ce rapport montrait que les longues absences, congés maternité, d'adoption..., trouvent solution dans 96 % des cas, en revanche "le taux de couverture pour les absences courtes varie de 11 % à 27 %". Les inspecteurs regrettaient que "même dans le meilleur des cas ce taux de couverture reste aussi faible".

MAÎTRES DE LA RÉPARTITION DES NOUVEAUX POSTES

Dans certains départements, le trop grand nombre de jours sans école fait perdre patience aux familles. En Seine-Saint-Denis, les parents sont mobilisés depuis plus de deux ans pour dénoncer les non-remplacements récurrents qui, sur une scolarité, font perdre l'équivalent d'une année scolaire. Vincent Peillon rappellera qu'à la rentrée, 60 postes supplémentaires y sont bien prévus, quand le collectif en voudrait 150. Vendredi, il sera reçu par le ministre.

Entre 2009 et 2012, l'académie de Créteil a globalement perdu 88 postes de remplaçants dans le premier degré et 106 dans le second degré. A la rentrée 2013, 234 postes supplémentaires sont prévus (119 dans le premier degré et 115 dans le second degré) pour renforcer ce pôle. Si la situation est cruciale sur cette zone, Créteil ne sera pas la seule académie à consacrer une partie de ses nouveaux moyens à la suppléance. Lyon y affectera 81 créations, Versailles 78 dans le premier degré et Bordeaux 75 dans le secondaire.

Le Syndicat des enseignants (SE-UNSA), qui a fait son propre calcul, estime que, "globalement, 14 % des postes créés dans le secondaire à cette rentrée seront des postes de remplaçants. Certaines académies y consacrent même l'essentiel de leurs nouveaux moyens, comme Bordeaux qui met là 44 % de ses créations de postes dans le secondaire, Caen 43 %. Preuve de la situation très difficile dans laquelle ces académies se trouvaient". Les recteurs sont en effet maîtres de la répartition des nouveaux postes, dans le cadre des priorités édictées par la Rue de Grenelle.

"DETTE ÉDUCATIVE"

Aller plus loin dans la reconstitution du vivier, le remboursement de ce que le ministre appelle "la dette éducative laissée par la droite", c'était placer sa rentrée 2013 sous le signe de la réparation et non de l'innovation. Avec sa "refondation" en cours, Vincent Peillon a d'autres ambitions mais tente de trouver un équilibre en consacrant 1 000 de ses 7 000 postes au fléau des classes sans prof. Les enseignants qu'il y affecte permettront d'assurer 800 000 heures de cours de plus.

Les inspecteurs généraux avaient évalué à 5,6 millions le nombre de journées parties en fumée dans les écoles et à 13 millions le nombre d'heures dans les collèges et les lycées chaque année. D'autres moyens seront sans doute nécessaires, parce que ce système compliqué qui a du mal à gérer les pics de grippes hivernales et ne tourne pas à plein régime toute l'année ne fera sans doute pas l'économie d'une réforme structurelle.

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