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18/06/2013

Visite à Sète

lu sur :

http://www.lemonde.fr/style/article/2013/05/29/sete-dans-les-pas-des-artistes_3420064_1575563.html

Sète, dans les pas des artistes - Le Monde

LE MONDE | 29.05.2013 à 11h22 • Mis à jour le 29.05.2013 à 16h00

François Bostnavaron

L'île singulière". Cette formule, du poète Paul Valéry, les Sétois l'ont, depuis longtemps, faite leur. Comment mieux qualifier ce quasi-archipel qui se niche au pied du mont Saint-Clair, bordé au nord par l'étang de Thau et au sud par la Méditerranée ? Une ville, sorte d'écluse géante entre deux étendues d'eau parcourue par des canaux. Ce qui lui valut, avec une certaine facilité, qu'on la surnommât la "petite Venise languedocienne".

Mais Sète n'est pas que singulière, elle est surtout plurielle. Par ses origines mêlées : italiennes, catalanes, maghrébines, françaises. Toutes les communautés y ont leurs racines : le patois encore parlé par les plus anciens est un mélange d'italien et d'occitan. Côté cuisine, avantage à l'Italie avec la tielle, tourte à base de poulpe, de sauce tomate et d'épices ou la macaronade, l'autre spécialité locale à base de macaronis et de viande, dont on dit qu'il y a autant de recettes qu'il y a de Sétois.

Quant à la pêche, qui a permis à la ville de se hisser au premier rang des ports méditerranéens, le match serait nul : les Espagnols auraient apporté la voile et les Italiens la méthode de pêche au chalut avec les bateaux-boeufs, appelés ainsi car ils pêchaient par deux, comme s'ils étaient attelés. Ce mélange de cultures se retrouve partout en ville avec cependant, dans les quartiers hauts ou la Pointe courte, une dominante transalpine.

Pour mieux appréhender la cité, les Sétois vous conseilleront de prendre de la hauteur, en partant, par exemple, à l'ascension du mont Saint-Clair. Avec ses 183 mètres de hauteur, ce n'est pas le mont Blanc, mais les Sétois en tirent, non sans humour, la même fierté que les Chamoniards ! Le camp de base de l'ascension se situe devant la mairie. Prendre la rue Paul-Valéry, poursuivre par la rue Louis- Ramond, faire une pause devant l'Ecole des beaux-arts et reprendre sa route, par la rue de Belfort et enfin, par le chemin de Biscan-Pas.

STREET ART ET MUSIQUE

Une fois arrivé, profiter de la vue, du vieux port jusqu'à la Pointe courte, Frontignan, et même au-delà... Avant de repartir vers les Pierres-Blanches, à l'opposé de ce belvédère, prendre quelques instants pour découvrir la chapelle Notre-Dame-de-la-Salette dont les murs sont décorés, depuis 1952, par des fresques du peintre Jacques Bringuier.

De là, suivre le chemin des Pierres-Blanches pour rejoindre le lieu-dit éponyme. En redescendant, prendre la direction du cimetière marin, celui des "riches" où reposent de nombreux notables sétois, par opposion à celui, plus modeste, du Py, face à l'étang de Thau. C'est dans ce cimetière que l'on trouve les dernières demeures de Paul Valéry, mais aussi du metteur en scène Jean Vilar ou du peintre Pierre François dont la tombe, située près de l'entrée sud, a la particularité d'être ceinte d'une clôture de la couleur bleue qu'il affectionnait par dessus-tout.

Juste en face de l'entrée haute du cimetière se dresse le Musée Paul- Valéry. Installé sur une terrasse, il trône au-dessus du cimetière marin et de la Méditerranée. Son architecture, en béton, acier et verre, conçue par Guy Guillaume, date du début des années 1970 et s'inscrit dans la logique des bâtiments de Le Corbusier.

Passé l'entrée, on pénètre de plain-pied dans la culture sétoise. Il y a non seulement de très belles toiles représentant les célèbres joutes, définitivement liées à la ville, mais aussi les oeuvres de Robert Combas ou des frères Di Rosa, pionniers de la figuration libre. Un très complet fonds Paul-Valéry réunit plus de 300 documents et objets.

"UNE HEURE AVEC BRASSENS"

L'art et Sète, c'est une histoire d'amour. Comme celle écrite par Hervé Di Rosa etBernard Belluc en 2000 qui a donné naissance au très riche et insolite Musée des arts modestes (MIAM). Fidèle à l'objectif qu'il s'était fixé dès sa création, le "I" signifie toujours international et, pour mieux l'incarner, il accueille jusqu'au 22 septembre "Manila Vice", un regard sur la création contemporaine philippine.

Hors de question de quitter "l'île singulière" sans avoir visité l'Espace Georges-Brassens. Depuis vingt-deux ans, Régine Monpays préside à la destinée de cet espace. Plus d'un million de visiteurs sont déjà venus "passer une heure avec Brassens", comme le résume avec simplicité une phrase relevée sur le livre d'or. La visite commence par sa jeunesse à Sète, les premiers copains, et se termine avec les paroles de Supplique pour être enterré sur une plage de Sète.

L'art à Sète n'est pas cantonné aux musées. Pour preuve l'initiative, prise il y a cinq ans par le festival K-Live et ses cofondateurs, Crystel Labasor et Laurent Vilarem, qui consistait à faire cohabiter street art et musique, le temps d'un week-end. Cette année, du 29 mai au 1er juin, après M. CHAT, Poch, C215, etc., ce sera au tour d'Alëxone de venir grossir les collections du MaCO, le fameux musée à ciel ouvert de Sète. Avec, en prime, un concert exceptionnel de Tricky, le 1er juin, au Théâtre de la mer.

Avant de quitter Sète, une dernière visite s'impose : celle de la Pointe courte, chère à la cinéaste Agnès Varda, qui n'est pas native de Sète mais l'a filmée, il y a plus de cinquante ans, comme une Sètoise...

François Bostnavaron

08:10 Publié dans culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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