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07/08/2013

Noyades et surveillance des plages

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/08/06/polemique-sur-la-surveillance-des-plages-apres-une-serie-de-noyades_3457945_3224.html

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LE MONDE | 06.08.2013 à 11h31 • Mis à jour le 06.08.2013 à 13h56 |Par Claire Colnet

Les 91 noyades enregistrées depuis début juillet, dont 37 sur le littoral, sont-elles en partie imputables à la baisse des effectifs de CRS sur les plages ? C'est ce qu'avance le syndicat de police Alliance, dans un communiqué diffusé lundi 5 août."Ces drames ne s'expliquent pas par la seule imprudence de la population",assure le syndicat, qui regrette la baisse d'un tiers des effectifs de CRS-MNS (maîtres-nageurs sauveteurs) depuis une dizaine d'années. "Une polémique sur un sujet aussi dramatique est franchement déplacée", a rétorqué le ministre de l'intérieur, lundi. Manuel Valls devait effectuer mardi à Cannes (Alpes-Maritimes) une visite du dispositif de surveillance des plages.

Les chiffres cités par Alliance sont issus d'un rapport de la Cour des comptes de septembre 2012, selon lequel le nombre de CRS déployés sur les plages est passé de 722 en 2002 à 471 aujourd'hui. Seules 99 plages sont couvertes, contre 126 il y a dix ans. Une évolution accélérée depuis la mise en place de la révision générale des politiques publiques, en 2007.

"Cette baisse est stabilisée depuis deux ans : le ministre de l'intérieur a reconduit un dispositif et des effectifs identiques, nuance Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'intérieur. Cette mission n'est pas remise en cause, même si la surveillance des plages n'est pas une responsabilité de l'Etat, mais des communes."

 "INÉGALITÉ DE TRAITEMENT"

En septembre, la Cour des comptes se montrait très critique vis-à-vis de ce dispositif de surveillance. Elle dénonçait notamment un "manque de transparence"dans le processus d'affectation et une "inégalité de traitement" entre communes."Aucun texte réglementaire ne confie aux CRS une mission de surveillance des plages", écrivait-elle encore.

Présents sur les plages bretonnes depuis l'été 1958, les CRS se sont progressivement chargés de la sécurité des baignades sur tout le littoral, conjointement avec les sapeurs-pompiers, les gendarmes et policiers municipaux et les sauveteurs civils. A la fois secouristes et policiers, les CRS-MNS sont plébiscités par les communes. "En cas de drame, la compétence et le sang-froid des CRS font la différence, par rapport à de jeunes sauveteurs civils", affirme ainsiOlivier Paz, maire de Merville-Franceville (Calvados).

Depuis une dizaine d'années, la tendance est pourtant au remplacement des CRS par des sauveteurs civils, pour la plupart issus de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), directement embauchés comme saisonniers par les municipalités. "Nos sauveteurs ont en moyenne entre 20 et 25 ans mais ont un cursus de 400 heures de formation. Et certains ont des années d'expérience",assure Arnaud Kurzenne, inspecteur national des nageurs-sauveteurs de la SNSM. Mais à l'inverse des CRS, ces personnels n'ont aucun pouvoir de police. Ils ne peuvent pas verbaliser les contrevenants aux interdictions de baignade, comme l'a demandé le préfet de l'Hérault et comme l'envisage la ministre du tourisme, Sylvia Pinel.

"AUCUNE RELATION"

Pour les syndicats de police non plus, les sauveteurs civils ne suffisent pas. "Plus de policiers sur les plages, ça dissuade les comportements à risque", expliquePatrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie-Officiers. "Les CRS ont prouvé leur utilité pour lutter contre les nombreuses incivilités sur le littoral", ajoute Christophe Crépin, délégué du syndicat UNSA-Police.

Le cri d'alarme d'Alliance sera-t-il entendu ? Rien n'est moins sûr. "Il n'y a aucune relation entre la baisse des effectifs de CRS-MNS et une quelconque hausse de la mortalité par noyade", assure le ministère de l'intérieur. D'autant que si l'on compare les chiffres de 2013 à ceux de l'enquête "Noyades", réalisée par l'Institut national de veille sanitaire jusqu'en 2012, cet été n'a rien d'exceptionnel. Entre le 1er juin et le 10 août 2012, 242 baignades mortelles avaient été recensées, dont 101 en mer. A ce stade, aucune série noire n'est donc à déplorer.

Lire aussi : Le nombre de noyades n'est pas plus important en 2013

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