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20/08/2013

L'Europe de la concurrence "libre et non faussée", l'Irlande et RYANAIR

Aimeriez-vous voyager avec RYANAIR ?

lu sur:

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/08/16/dementi-plaintes-et-licenciement-ryanair-contre-attaque_3462337_3234.html

Démenti, plaintes et licenciement : Ryanair contre-attaque

LE MONDE | 16.08.2013 à 11h48 |Par Dominique Gallois ((avec AFP))

Un démenti, des poursuites en justice et un licenciement. Telle est la réponse de Ryanair au reportage, diffusé en début de semaine par la chaîne de télévision britannique Channel 4, mettant en cause la sécurité de cette compagnie aérienne irlandaise.

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Jeudi 15 août, la compagnie à bas coûts annonçait avoir licencié un de ses pilotes, John Goss, avec "effet immédiat" et "demandé à ses avocats de lancer une procédure judiciaire" contre lui pour "ses contributions diffamatoires" dans cette émission télévisée.

Il avait affirmé avoir reçu une lettre critiquant son utilisation abusive de carburant. Dans l'émission, trois cas ont été évoqués où des pilotes ont dû lancer un signal d'urgence pour pouvoir atterrir parce qu'ils étaient à court de kérosène, la quantité embarquée au décollage ayant été calculée trop juste pour des raisons d'économie.

UNE ENQUÊTE DES AUTORITÉS SOUHAITÉE

"Nous n'allons pas laisser un employé de Ryanair diffamer notre sécurité à la télévision nationale trois semaines seulement après qu'il a confirmé par écrit à Ryanair qu'il n'avait aucun problème avec la sécurité", a affirmé un porte-parole de la compagnie. La veille, Ryanair avait aussi décidé de poursuivre Channel 4 en diffamation.

Lors de cette émission, un sondage révélait aussi que deux pilotes sur trois hésiteraient à signaler à leur hiérarchie un problème de sécurité. Ces données proviennent d'une enquête menée auprès de plus de 1 000 pilotes et commandants de bord, soit un tiers de l'effectif de la compagnie, par Ryanair Pilot Group (RPG), une association qui cherche à être reconnue comme syndicat par la compagnie.

Le sondage montre que 89 % des personnes interrogées jugent ni ouverte ni transparente la culture de l'entreprise en matière de sécurité ; 94 % d'entre elles souhaitent une enquête des autorités concernant l'impact des conditions d'emploi sur la sécurité des vols.

Le président de RPG, Evert van Zwol, qui ne travaille pas pour Ryanair mais a présidé l'Association néerlandaise des pilotes de ligne, a précisé que près des trois quarts des pilotes de Ryanair travaillaient en contrat dit à "zéro heure", c'est-à-dire sans aucune garantie en terme de temps de travail ou de salaire. De son côté, le syndicat Irish Airline Pilots Association estime que les conditions de travail générées par ce contrat sont parmi les pires du secteur.

UNE POLÉMIQUE RÉCURRENTE

Les résultats de cette enquête ont été transmis à Ryanair et à l'Irish Aviation Authority (IAA), la direction de l'aviation civile irlandaise. Cette dernière a répondu que la compagnie low cost respectait tous les règlements européens et internationaux en vigueur, ajoutant que tout salarié souhaitant signaler un problème pouvait le faire de manière confidentielle sur son site Internet.

Ryanair a, quant à elle, démenti les conclusions de l'étude qu'elle juge "dépourvue d'indépendance, d'objectivité et de fiabilité", a estimé un porte-parole, qui a souligné le "bilan de sécurité exceptionnel en vingt-neuf ans" d'activité de la compagnie aérienne.

Cette polémique autour de la Ryanair et de la façon dont elle est dirigée par Michael O'Leary n'est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, le risque que font courir à la sécurité des passagers les réductions de coûts, et les conditions de travail, est régulièrement dénoncé.

Jeudi, le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, a demandé des éclaircissements. "Puisqu'il y a des précisions qui sont données en disant que l'on dissuade les pilotes de faire état des incidents de vol, ce qui est pourtant une obligation, puisque ces allégations sont formulées, alors il faut qu'elles soient étayées", a-t-il affirmé au micro de France Info, ajoutant : "C'est trop grave. Il s'agit d'une question de sécurité."

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