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25/11/2013

L'Art à Montpellier : on dépense sans compter

Lu sur le Canard enchaîné de cette semaine : trois "œuvres d'art" pour 340 000 €.

Çà fait combien d'années de RSA, 340 000 € ? Et qui sont les heureux Artistes ?

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lire aussi :

http://www.midilibre.fr/2013/11/09/montpellier-le-chru-s-offre-trois-oeuvres-pour-340-000-eur,780861.php

Montpellier : l'hôpital s'offre trois œuvres pour 340 000 €

Trois oeuvres destinées à "enrichir" le cadre de vie des hospitalisés de Saint-Elois ont été inaugurées ce samedi, sur fond de grincements de dents.

Le département d'hématologie clinique du CHRU, sis à Saint-Elois, est désormais espace d'exposition. Ses cours intérieures abritent trois oeuvres commandées à deux enseignants de l'école des Beaux-arts de la ville : Pierre Joseph et Carmelo Zagari. Cette commande, lancée en 2008, s'est concrétisée. Pour un budget global de 340 000 € (220 000 € de l'Etat + 80 000 € du CHRU + 40 000 € de la Ville).

Lors de la visite inaugurale orchestrée samedi pour un petit comité, la tension était palpable... Car quelques dents grincent fort. "Comment se satisfaire d’une telle dépense d’argent public alors que les services mêmes de l’hôpital ont du mal à tourner", soupirait un cadre.

Précisions et bruits de couloirs dans l'édition Midi Libre Montpellier de ce dimanche... Mais, en attendant, voici donc les premières vues de la "Rosace de Mai" ; du "Jardin métaphysique" et des "Tracés communs".

31/08/2013

Architecture: en France "on ne prime que des gens qui font des parallélépipèdes."

Par exemple, la nouvelle mairie de Montpellier !

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lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/08/29/la-deflagration-guggenheim_3468529_3246.html

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 29.08.2013 à 16h51 • Mis à jour le 29.08.2013 à 17h04 |Par Raphaëlle Rérolle (Bilbao (Espagne), envoyée spéciale)

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On raconte en Espagne que le roi Juan Carlos, découvrant le Guggenheim de Bilbao, lâcha une vigoureuse et fort peu royale exclamation de surprise. Il est vrai que le bâtiment de l'architecte américano-canadien Frank O. Gehry fait partie des rares constructions qui provoquent un choc immédiat. Qu'on l'aime ou qu'on le déteste, il ébahit. L'année suivant son inauguration, en 1998, 1,3 million de visiteurs étaient accourus de tous les continents pour voir cette énorme fleur de titane poussée au bord du fleuve Nervion.

Brusquement, Bilbao devenait la destination à la mode. Mieux : grâce à l'impulsion donnée par ce musée hors normes, la ville basque prenait son élan vers un destin entièrement nouveau. Bondissant hors du cercle des villes moyennes où l'avait confinée le déclin de ses chantiers navals, elle se taillait une jolie place sur la carte du monde. C'était le début de ce que l'on appelle l'"effet Guggenheim" : une véritable déflagration qui a durablement marqué le monde de l'urbanisme et celui de l'architecture.

"UNE NOUVELLE ÉPOQUE POUR BILBAO"

Quinze ans après, le monstre étincelant attire encore un million de visiteurs chaque année, dont deux tiers d'étrangers. Avec ses 24 000 mètres carrés, ses 20 salles d'exposition, ses milliers de tonnes de béton et de plaques métalliques, c'est une sculpture ondoyante qui reflète le ciel et les eaux du Nervion.

pour lire la suite :

La déflagration Guggenheim.pdf


02/04/2013

Journées européennes des métiers d'art : 5,6,7 avril

communiqué :

Journées européennes des métiers d'art.

Du 5 au 7 avril.

Programme complet :

Journeesdesmetiersdart.eu

07/06/2011

Vol à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon

lu sur :

http://www.rue89.com/oelpv/2011/06/04/une-expo-photo-de-fontcuberta-volee-dans-sa-quasi-integralite-206115

Une expo photo de Fontcuberta volée… dans sa quasi-intégralité

C'est pas tous les jours que l'on vole une exposition photo. Une première en Europe, selon la police spécialisée en œuvres d'art. C'était pendant la nuit du 25 au 26 septembre dernier. Le lieu : dans le Gard, la prestigieuse Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (XIVe siècle), Centre national des écritures. L'exposition : Miracles & Co. , soit 35 photos encadrées (des 50x60 et 30x40). Le photographe : Joan Fontcuberta. La suite

C'est pas tous les jours que l'on vole une exposition photo. Une première en Europe, selon la police spécialisée en œuvres d'art. C'était pendant la nuit du 25 au 26 septembre dernier. Le lieu : dans le Gard, la prestigieuse Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon (XIVe siècle), Centre national des écritures. L'exposition : Miracles & Co. , soit 35 photos encadrées (des 50x60 et 30x40). Le photographe : Joan Fontcuberta.

Si nous ne savons que depuis peu l'information, c'est qu'une extrême discrétion a suivi le forfait. Discrétion du côté de La Chartreuse (ça la fout mal…), discrétion voulue par la police (pour mieux enquêter).

Discrétion toute relative néanmoins : le lendemain du forfait, dans son atelier de Catalogne, lorsque Joan Fontcuberta apprend la nouvelle, il est en compagnie d'une journaliste d'El País venue l'interviewer sur un autre sujet. Il ne peut cacher son émotion et le 28 septembre, l'information paraît dans le quotidien espagnol. Bizarrement, elle n'est ni relayée dans les rubriques artistiques, ni dans dans les milieux professionnels hors d'Espagne.

Joan Fontcuberta et ses essais photographiques

Pourtant, Joan Fontcuberta est un photographe espagnol (catalan) de renommée internationale (le seul exposé au MoMA de New York). Historien, critique, enseignant, il étudie depuis toujours – et de façon malicieuse – les forces et les faiblesses de la véracité des images, ses transformations selon leurs modes de communications, ses changements profonds dans ses usages à l'heure d'Internet.

Pour éprouver ses fragilités, il invente des scénarios qui reposent sur des histoires réelles – ou fictives – dans lesquelles il se met en scène. Exemple : la série « Sputnik » (1997) ou l'Odyssée de Soyouz.

Pour l'exposition Miracles & Co (2002), il se fait journaliste d'investigation infiltré dans une communauté religieuse, orthodoxe, habitant le monastère de Valhamönde, installé en Carélie, au fond de la Finlande, au milieu d'un labyrinthe de lacs et d'îlots.

Le reporter raconte l'histoire du monastère, terre d'accueil de grands tapés (Cagliostro, Raspoutine, Ron Hubbard…). C'est un lieu où l'on apprend à faire des miracles « censés conférer à celui qui les réalise un grand pouvoir sur les masses ».

Le miracle de la chair (Joan Fontcuberta).Notre reporter découvre vite que ces miracles sont fabriqués par une équipe de prestidigitateurs engagés par les moines. Une arnaque. Parmi les miracles, on citera le plus prisé, celui de la chair, où le visage du Che apparaît sur une tranche de jambon (image ci-contre).

Il est écrit dans un catalogue :

« Cet essai photographique fait une référence critique à la foi religieuse, au fanatisme, à la superstition, au paranormal, et à la crédulité. »

Généralement, les visiteurs se marrent à parcourir l'exposition. Mais au matin du 26 septembre, on ne rigole plus. Toutes les photos de Miracles & Co ont bel et bien disparu. Escamotées comme par miracle. Seule une grand format de 1,20m x 1,60 est restée sur le mur. Ainsi que les cartels d'explication des scènes.

Le mobile du vol ? Hypothèses plus ou moins fantaisistes

Après avoir escaladé le mur d'enceinte et pénétré sans encombre dans le bâtiment, les monte-en-l'air ont soigneusement décroché les cadres sous verre. Une fois déposés, ils en ont ouvert le dos, puis découpé au cutter les marie-louise afin de ne prendre que les photos et les transporter plus facilement enroulées. Seul un cadre a été endommagé (il n'y a pas de casse zéro).

Détail (pour les apprentis détectives) : le cambriolage a eu lieu quatre jours avant la fin de l'exposition. Autre détail (dans lequel se cache peut-être le diable) : la disparition de tous les petits « tortillons » de fil de fer qui servaient à relier le piton du mur à l'anneau du cadre et empêcher le larcin compulsif.

Les murs de la Chartreuse après le vol (DR).

Fétichistes, les voleurs ? Plusieurs hypothèses circulent pour essayer de les profiler. Dans le désordre :

  • un groupe de catholiques intégristes, actifs dans la région, tendance iconoclaste, voulant punir le sacrilège. Mais plus vandales que méticuleux (cf. l'affaire « Piss Christ »), ils auraient sans doute détruit l'exposition sur place ;
  • un acte de nuisance dirigé contre l'équipe et son directeur, François de Banes Gardonne ;
  • un geste artistique suivi d'une performance, style potache. Vu la durée du recel, la performance risquerait de se terminer aux Baumettes (prison de Marseille) ;
  • Joan Fontcuberta nous a signalé qu'au lendemain de l'article parue dans El País, quelques bloggeurs ibériques l'ont suspecté d'avoir lui-même monté le coup. Il en rit (jaune) ;
  • un mouvement genre FLNJ (Front de libération des nains de jardins) assorti aux photographies prisonnières des murs. Il n'y a pas de revendication ;
  • l'hypothèse qui tient la corde : une équipe de professionnels commandée par un collectionneur. Le respect porté aux photos en serait un indice.

Ce qui nous emmène à la valeur du dommage. Les tirages, propriété de Fontcuberta, sont récents (après 2000). Le coût de leur remplacement est, sans surprises, au tarif de laboratoire. Mais le préjudice moral subit par le photographe est difficile à évaluer. Sa première estimation (dans El País), faite sous le coup de l'émotion, fixe le prix de chaque photo à 5 000 - 6 000 euros environ. Aujourd'hui, il juge sa perte globale à 80 000 euros. Une somme excessive pour La Chartreuse, qui propose un dédommagement de 1 000 euros par photo.

Et l'assureur, Axa ? Arguant du manque de sécurité (les vidéos de surveillance seraient factices), il ne veut rien entendre.

Bref, tout le monde est fâché. Le ton monte du côté de l'auteur, soutenu par El País (voir son édition du 30 mai). C'est désormais au tour des avocats de tenter le miracle de la conciliation.

Et les photos, où sont-elles ? Dieu seul le sait.

Lévitation (Joan Fontcuberta).

Photos : l'exposition Miracles & Co de Villeneuve-lez-Avignon avant le vol (DR) ; le miracle de la chair (Joan Fontcuberta) ; les murs de La Chartreuse après le vol (DR) ; lévitation (Joan Fontcuberta).

 

18/08/2010

Cabanel, peintre officiel, médiocre et intéressant

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/08/18/cabanel-peintre-officiel-mediocre-et-interessant_1400137_3246.html

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Cabanel, peintre officiel, médiocre et intéressant

Le Musée Fabre de Montpellier offre sa première rétrospective à l'artiste académique et phare du XIXe siècle

 

Alexandre Cabanel (1823- 1889) est l'archétype du peintre officiel, Prix de Rome, gloire du Salon, professeur à l'Ecole des beaux-arts de Paris, favori du pouvoir, portraitiste et décorateur pour quelques grandes familles. Pour lui posent Napoléon III et un nombre élevé de dames fortunées, françaises et américaines, car sa gloire est internationale. Il exécute des cycles allégoriques pour les hôtels particuliers de l'industriel Say et du banquier Pereire, une Vie de Saint Louis sur l'un des murs du Panthéon. Il incarne à la perfection l'artiste académique, celui avec lequel ses contemporains Courbet et Manet ne peuvent rien partager.

Est-ce une raison pour ne pas lui consacrer une exposition ? Michel Hilaire, directeur du Musée Fabre de Montpellier, a pris le risque. Il a des raisons locales : Cabanel est né à Montpellier dans une famille d'artisans et le musée conserve un ensemble important de ses oeuvres. Mais il est allé bien au-delà de la célébration régionale, en montant la première rétrospective jamais consacrée à l'artiste, une centaine de peintures, davantage de dessins et un appareil documentaire dense. Aux trente-six toiles de Montpellier, s'en ajoutent d'Anvers, Cleveland, Baltimore ou New York - en raison du succès américain de Cabanel dans les décennies 1870 et 1880.

Contemporains et rivaux sont là aussi. La salle consacrée au Salon de 1863, où sont réunies La Naissance de Vénus de Cabanel, celle d'Amaury-Duval et La Perle et la vague de Paul Baudry, est un modèle de reconstitution. Pour peu que l'on se souvienne que l'Olympia de Manet date aussi de 1863 et que l'on jette un oeil aux caricatures parues dans la presse cette année-là, on mesure ce qui sépare deux conceptions de la peinture - et combien il fallut de courage à Zola pour écrire que le Cabanel n'était que "poudre de riz".

L'exposition est donc d'un intérêt historique remarquable. Pour autant, elle n'invite à aucune réhabilitation de Cabanel. Sa peinture est truqueuse et aguicheuse. Les décors ne sont que des pastiches mollement néorenaissants et les dessins des exercices scolaires au trait banal et aux postures convenues. Mais ce sont ces défauts et cette vacuité qui en font l'intérêt.

Aux Beaux-Arts, à l'Académie de France à Rome, dans les musées, Cabanel apprend son métier de fabricant d'images, mais ne semble pas se demander pourquoi il sera peintre plutôt qu'avoué ou marchand de vins.

En 1850, pour son cinquième et dernier envoi de Rome, il s'acquitte, selon le règlement, d'une oeuvre de plusieurs figures de grandeur naturelle afin de montrer qu'il maîtrise ce format et les compositions complexes. Il se donne pour sujet La Mort de Moïse - motif de nature à lui valoir ensuite des commandes religieuses -, y travaille durant des mois, multiplie les études et n'hésite pas à s'inspirer des fresques de Michel-Ange à la Sixtine. Il obtient un collage de figures - un Dieu le Père barbu, des anges aux ailes de pigeon et un amas de draperies. Aucun sentiment du tragique et de la mort. Aucune unité de lumière et de couleur. Il y a une sorte de crépuscule au fond à gauche, mais il est déjà passé au fond à droite. Finitions impeccables, surface parfaitement lisse, touches invisibles. Exposé au Salon de 1852, ce montage est célébré par Théophile Gautier - qui fut souvent mieux inspiré -, le qualifiant de "tableau grandement pensé, exécuté dans un style sévère et monumental".

La carrière de Cabanel part de là. Il vient de prouver qu'il connaît son histoire de l'art et qu'il est exceptionnellement adroit - ça suffit. Son habileté lui permet de représenter à l'huile sur toile n'importe quel objet à un haut degré de précision : les dentelles de la baronne Paul von Derwies - fortune ferroviaire -, l'éventail d'Olivia Peyton Murray Cutting - autre fortune ferroviaire - ou la robe de soie de Thamar, héroïne biblique violée par son frère Amnon. Dans les deux premiers cas, il s'agit de portraits ; dans le troisième, d'un tableau d'histoire un peu orientaliste. Peu importe, c'est le même métier, la même volonté de faire vrai dans le traitement des étoffes, accessoires, peaux et chevelures. La peinture se confond avec l'imitation la plus perfectionnée possible du monde. A ce titre, elle peut espérer faire face à la photographie, qui n'est pas encore capable d'aussi grands formats ni de la couleur.

Mais qui est déjà un moyen incomparable pour diffuser, à assez bon marché, des clichés des toiles de Cabanel. Ses peintures d'histoire semblent n'avoir été faites que dans ce but : nourrir l'industrie de la reproduction, de l'imagerie grand public.

Pour que cela marche, il faut évidemment des sujets de nature à exciter un peu le spectateur : le viol incestueux de Thamar, la mort de l'adultère Francesca de Rimini et de son amant Paolo Malatesta - en costumes d'époque - ou Cléopâtre essayant des poisons sur des condamnés à mort, ultime superproduction de Cabanel en 1887. La reine a les seins nus, le condamné se tord de souffrance, Eros et Thanatos sont associés en une image de 3 mètres de long. Spectacle et succès garanti.

Pas pour longtemps. Du marché de l'imagerie populaire, Cabanel, comme Gérôme, a été vite délogé par une invention irrésistible : le cinéma. Projeter, face à la Cléopâtre, des extraits de films Lumière et Pathé et d'Intolérance (1915), de Griffith, est une idée très juste. Ils ne sont en effet postérieurs que de quelques années à la mort du peintre, et de la mort de sa peinture, vaincue sur le terrain du spectacle, où il avait eu le malheur de la placer par des techniques illusionnistes bien plus efficaces qu'elle, puisque douées du mouvement.


"Alexandre Cabanel, la tradition du beau".

Musée Fabre, 39, boulevard -Bonne-Nouvelle, Montpellier (Hérault).
Tél. : 04-67-14-83-00.
Du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures ; mercredi, de 13 heures à 21 heures.
Entrée : 8 €. Jusqu'au 5 décembre.

Catalogue, éd. Somogy, 504 p., 39 €.

16:38 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, culture