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25/09/2015

Histoire de chevaux

à lire sur Le Temps :

Sciences & Environnement 

Le cheval de Przewalski, sauvé par son propre génome?

Le code génétique complet du seul cheval entièrement sauvage a été séquencé. Cette avancée permettra peut-être de sauver ce seul descendant d’une des deux lignées originelles des équidés, pour autant qu’il évite les contacts avec les chevaux domestiques

19/05/2015

En ce moment, débat sur le compteur LINKY à l'Assemblée Nationale : écrivez à vos députés.

Pour trouver leurs adresses, allez sur le site de l'Assemblée Nationale :

 

Accueil > 577 députés

Modèle de lettre, à adapter selon vos préférences :
 
------------
 
Mesdames et Messieurs les Députés,
 
L'électeur que je suis vous demande de voter contre les compteurs LINKY.

 

En effet, je considère que ces compteurs représentent une atteinte grave à ma liberté individuelle en m'imposant, dans mon domicile et par des appareils que je n'aurai pas choisis, une exposition à des ondes électromagnétiques dont l'innocuité n'est pas prouvée.
 
En l’imposant par la loi :
 
- vous deviendriez complices du discours trompeur du milieu économique et industriel
vous agiriez contre la protection sanitaire et les droits individuels de votre électorat
 
De plus, à l'évidence, vous devez être conscients que ces compteurs n'apportent aucune garantie d'une amélioration du service et de la maîtrise des dépenses pour l'usager.
 
C'est pour ces raisons que j'ai pris la décision de vous écrire.
 
Sachez que j'ai l'intention, et je ne serai certainement pas le seul, de m'opposer par tous les moyens légaux possibles à l'installation de tels compteurs "LINKY" dans mon domicile.
 
Je vous rappelle que depuis Mai 2011, l’OMS a classé les radiofréquences dans le Groupe 2B, potentiellement cancérogène pour le vivant. (voir le lien ci-dessous)
 
Je vous rappelle aussi qu'en Europe deux pays ont abandonné l’imposition par la loi de ce type de compteur :
 
- en juillet 2013 : l’AUTRICHE
- en janvier 2014 : l’ALLEMAGNE
 
J'espère que vous tiendrez compte des avis négatifs de la communauté scientifique concernant l'exposition aux ondes électromagnétiques et que vous êtes conscients que même si une loi était votée, elle serait contestable car elle pourrait être considérée comme une atteinte à la propriété privée garantie par notre Constitution. 
 
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Députés, mes salutations distinguées.
 
(Nom - Adresse)
 
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(*) voir :
 
L'OMS procédera d'ici à 2016 à une ... des cancérogènes possibles pour l'homme (Groupe 2B), ... en mai 2011 le potentiel cancérogène des champs ...
 

Champs électromagnétiques et santé publique: téléphones portables

Aide-mémoire N°193
Octobre 2014

Principaux faits

  • L’usage du téléphone portable est généralisé et on estime à 6,9 milliards le nombre des abonnés dans le monde.
  • Les champs électromagnétiques produits par les téléphones portables sont classés par le Centre international de Recherche sur le Cancer dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’homme.
  • Des études visant à évaluer plus complètement les effets potentiels à long terme de l’utilisation des téléphones portables sont actuellement en cours.
  • L’OMS procédera d’ici à 2016 à une évaluation formelle du risque pour tous les effets sur la santé dus à une exposition à des champs de radiofréquences.

24/02/2015

Chimie, dégradation de l'environnement : les conséquences sont là

Quelques liens pour s'informer :

 

Montée préoccupante de la puberté précoce - Le Monde

www.lemonde.fr/.../montee-preoccupante-de-la-puberte-precoce_4581829_ 1650684.html

il y a 1 jour ... Montée préoccupante de la puberté précoce ... véritable épidémie de pubertéprécoce », affirme le professeur Charles Sultan, chef du service ...

 

Midi-Pyrénées, région la plus touchée par la baisse de la qualité du sperme ...

www.ladepeche.fr/.../1830028-midi-pyrenees-region-plus-touchee-baisse- qualite-sperme.html
 
1 mars 2014 ... «Dans la région, la situation est alarmante». Charles Sultan est l'un des plusgrands pédiatres endocrinologues au monde. ... je vois une explosion des cas de puberté précoce (chez les filles) et ... on assiste à une montée en flèche du nombre d'enfants souffrant d'affections provoquées par les pesticides.

 

Sciences : Collectif Une Place pour Tous !

collectifuneplacepourtous.midiblogs.com/sciences/

2 déc. 2014 ... Les indices s'accumulent quant à l'implication des polluants dans la montée enpuissance des troubles autistiques et comportementaux ..... Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est ..... puberté précoce.pdf ... Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre ...

 

Pr Charles Sultan : Perturbateurs endocriniens et puberté précoce ...

criigen.org/.../Pr-Charles-Sultan-Perturbateurs-endocriniens-et-puberteprecoce-chez-la-fille
 
Intervention du Pr Charles Sultan, endocrinologue au CHU de Montpellier et ... sur les perturbateurs endocriniens et la puberté précoce, lors de la table-ronde.

02/12/2014

Le futur de notre société néolibérale n'est pas rose ...

lu sur Le temps (Suisse)

les surlignages sont de moi

Pollution: le cerveau en danger

Le Temps 

Stéphane Foucart Le Monde

Les indices s’accumulent quant à l’implication des polluants dans la montée en puissance des troubles autistiques et comportementaux

De toutes les maladies non transmissibles, l’autisme est l’une de celles dont la fréquence augmente le plus rapidement. Si vite qu’il est même difficile d’y croire. En mars, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, l’équivalent de notre Institut de veille sanitaire (InVS), rendaient publiques les dernières estimations de la prévalence des troubles du spectre autistique chez les garçons et les filles de 8 ans aux Etats-Unis. Selon ces chiffres, un enfant sur 68 est désormais touché par cet ensemble de maladies du développement, regroupant l’autisme profond, les syndromes de Rett et d’Asperger, etc.

Le plus impressionnant n’est pas tant le chiffre lui-même, que la rapidité de son évolution: il est supérieur de 30% à celui publié seulement deux ans auparavant (un enfant sur 88) par le même réseau de surveillance mis en place par les CDC, et a plus que doublé en moins d’une décennie. Au cours des vingt dernières années, les données américaines suggèrent une augmentation quasi exponentielle de ces troubles, aujourd’hui diagnostiqués «vingt à trente fois plus» que dans les années 1970, selon le rapport des CDC. 40% de ces enfants dépistés aux Etats-Unis présentent un quotient intellectuel (QI) inférieur à 70.

D’autres troubles neurocomportementaux sont également en forte croissance ces dernières années. Outre-Atlantique, l’hyperactivité et les troubles de l’attention touchaient, selon les chiffres des CDC, 7,8% des enfants entre 4 et 17 ans en 2003. Ce taux est passé à 9,5% en 2007, puis à 11% en 2011. Par comparaison, en France, leur fréquence est estimée entre 3,5 et 6% pour les 6-12 ans.

Aux Etats-Unis, un enfant sur six est concerné par un trouble du développement (troubles neurocomportementaux, retard mental, handicaps moteurs, etc.).

Dans un ouvrage scientifique tout juste publié (Losing Our Minds. How Environmental Pollution Impairs Human Intelligence and Mental, Oxford University Press, 2014) Barbara Demeneix, directrice du département Régulations, développement et diversité moléculaire du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), soutient que cette augmentation rapide de la fréquence des troubles neurocomportementaux est, en grande partie, le résultat de l’exposition de la population générale à certaines pollutions chimiques diffuses – en particulier les femmes enceintes et les jeunes enfants.

Selon la biologiste, cette situation n’est, en outre, que la part émergée d’un problème plus vaste, celui de l’érosion des capacités cognitives des nouvelles générations sous l’effet d’expositions toujours plus nombreuses à des métaux lourds et à des substances chimiques de synthèse. Le sujet est, ces dernières années, au centre de nombreuses publications scientifiques. Philippe Grandjean, professeur de médecine environnementale (Université Harvard, Université du Danemark-Sud), l’une des figures de la discipline et auteur d’un livre sur le sujet (Only One Chance. How Environmental Pollution Impairs Brain Development – and How to Protect the Brains of the Next Generation, Oxford University Press, 2013), va jusqu’à évoquer une «fuite chimique des cerveaux».

La thyroïde en cause

«L’augmentation de la fréquence de l’autisme que l’on mesure ces dernières années est telle qu’elle ne peut pas être attribuée à la génétique seule et ne peut être expliquée sans faire intervenir des facteurs environnementaux, dit Barbara Demeneix. De meilleurs diagnostics et une meilleure information des médecins et des familles permettent certainement d’expliquer une part de cette augmentation, mais en aucun cas la majorité.» Et ce d’autant plus que les critères diagnostiques utilisés par les CDC sont demeurés identiques entre 2000 et 2013. «En France et en Europe, il n’existe pas de suivi historique de la prévalence de ces troubles aussi précis qu’aux Etats-Unis, mais il est vraisemblable qu’on assiste aussi à une augmentation de leur incidence», ajoute Barbara Demeneix.

Autre argument fort suggérant que l’augmentation de fréquence de l’autisme ne relève pas d’un biais de mesure: le sexe-ratio est constant. Les garçons sont toujours cinq fois plus touchés que les filles. Or, si l’accroissement constaté était artéfactuel, une modification du sexe-ratio aurait de grandes chances d’être observée.

Comment expliquer une telle épidémie? Pour la biologiste française, l’une des causes majeures est la prolifération de molécules de synthèse capables d’interférer avec le fonctionnement de la glande thyroïde. «Depuis de nombreuses années, mon travail consiste à comprendre comment un têtard devient une grenouille. Les molécules clés de ce processus sont les hormones thyroïdiennes, qui jouent un rôle crucial dans les transformations lourdes du développement, explique Barbara Demeneix. En cherchant à comprendre comment ces hormones agissent dans la métamorphose du têtard, je me suis posé le même type de questions sur leur importance dans le développement du cerveau humain.»

Les hormones thyroïdiennes sont connues pour moduler l’expression des gènes pilotant la formation de structures cérébrales complexes comme l’hippocampe ou le cortex cérébelleux. «Nous savons avec certitude que l’hormone thyroïde joue un rôle pivot dans le développement du cerveau, précise le biologiste Thomas Zoeller, professeur à l’Université du Massachusetts à Amherst et spécialiste du système thyroïdien. D’ailleurs, la fonction thyroïdienne est contrôlée sur chaque bébé né dans les pays développés et la plupart des pays en développement, ce qui montre le niveau de certitude que nous avons dans ce fait. Pourtant, malgré le fait que de nombreuses substances chimiques ayant un impact documenté sur la thyroïde soient en circulation, les autorités sanitaires ne font pas toujours le lien avec l’augmentation des troubles neurocomportementaux

Dans Losing Our Minds, Barbara Demeneix montre que la plupart des substances connues pour leur effet sur le développement du cerveau interfèrent bel et bien avec le système thyroïdien. Ces molécules ne sont pas toutes suspectées d’augmenter les risques d’autisme, mais toutes sont susceptibles d’altérer le comportement ou les capacités cognitives des enfants exposés in utero, ou aux premiers âges de la vie. C’est le cas des PCB (composés chlorés jadis utilisés comme isolants électriques, lubrifiants, etc.), de certaines dioxines (issues des processus de combustion), de l’omniprésent bisphénol A, des PBDE (composés bromés utilisés comme ignifuges dans l’électronique et les mousses des canapés), des perfluorés (utilisés comme surfactants), des pesticides organophosphorés, de certains solvants, etc.

«Le travail de Barbara Demeneix est très important, estime la biologiste Ana Soto, professeure à l’Université Tufts à Boston (Etats-Unis) et titulaire de la chaire Blaise Pascal 2013-2014 de l’Ecole normale supérieure. Elle a conduit un travail bibliographique considérable et c’est la première fois que l’ensemble des connaissances sont rassemblées pour mettre en évidence que tous ces perturbateurs endocriniens, mais aussi des métaux lourds comme le mercure, sont capables de perturber le fonctionnement du système thyroïdien par une multitude de processus.»

Substances très nombreuses

Les composés bromés peuvent inhiber l’absorption d’iode par la thyroïde qui, du coup, produit moins d’hormones. Les molécules chlorées peuvent en perturber la distribution dans les tissus. Le mercure, lui, peut inhiber l’action des enzymes qui potentialisent ces mêmes hormones… Lorsqu’une femme enceinte est exposée à ces substances, son fœtus l’est également et, explique Barbara Demeneix, «le risque est important que la genèse de son cerveau ne se fasse pas de manière optimale». Pour limiter au mieux les effets de ces substances, la biologiste insiste sur la nécessité d’un apport d’iode conséquent – absent du sel de mer – aux femmes enceintes, garant de leur bon fonctionnement thyroïdien.

Le problème est que les substances susceptibles de perturber ces processus sont très nombreuses. «Les chimistes manipulent des phénols auxquels ils ajoutent des halogènes comme le brome, le chlore ou le fluor, explique Barbara Demeneix. Or les hormones thyroïdiennes sont composées d’iode, qui est aussi un halogène. Le résultat est que nous avons mis en circulation des myriades de substances de synthèse qui ressemblent fort aux hormones thyroïdiennes

Les scientifiques engagés dans la recherche sur la perturbation endocrinienne estiment en général que les tests mis en œuvre pour détecter et réglementer les substances mimant les hormones humaines sont insuffisants. D’autant plus que les effets produits sur les capacités cognitives sont globalement discrets. «Si le thalidomide [médicament retiré dans les années 1960] avait causé une perte de 10 points de quotient intellectuel au lieu des malformations visibles des membres [des enfants exposés in utero via leur mère], il serait probablement encore sur le marché», se plaisait à dire David Rall, ancien directeur de l’Institut national des sciences de la santé environnementale américain (NIEHS).

L’érosion du quotient intellectuel de même que les troubles neurocomportementaux comme l’hyperactivité et les troubles de l’attention ou l’autisme «sont le talon d’Achille du système de régulation, souligne le biologiste Thomas Zoeller. Ce sont des troubles complexes, hétérogènes et aucun biomarqueur caractéristique ne peut être identifié. Du coup, il y a beaucoup de débats sur la «réalité» de l’augmentation de leur incidence. Ce genre de discussions ne décide pas les agences de régulation à être proactives, en dépit du fait que l’incidence des troubles du spectre autistique augmente si rapidement que nous devrions tous en être inquiets.»

L’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), l’organisme intergouvernemental chargé d’établir les protocoles de test des substances chimiques mises sur le marché, a cependant appelé, fin octobre, au développement de nouveaux tests susceptibles de mieux cribler les molécules interférant avec la thyroïde. Et ce, avec «une très haute priorité».

L’affaire ne concerne pas uniquement l’intelligence des prochaines générations mais leur santé au sens large. «Les épidémiologistes remarquent depuis longtemps que les gens qui ont un quotient intellectuel élevé vivent plus longtemps, et ce même lorsqu’on corrige des effets liés à la classe sociale, dit Barbara Demeneix. Or, selon la théorie de l’origine développementale des maladies, notre santé dépend en partie de la manière dont nos tissus se sont développés au cours de notre vie intra-utérine. Les facultés cognitives pourraient ainsi être une sorte de marqueur des expositions in utero et pendant la petite enfance à des agents chimiques: avoir été peu exposé signifierait un quotient intellectuel élevé et, du même coup, une plus faible susceptibilité aux maladies non transmissibles.»

 

 

14/11/2014

Mathématiques : une perte

lu sur :

Alexandre Grothendieck, le plus grand mathématicien du XXe siècleest mort

France Info -

Considéré comme le plus grand mathématicien du XXe siècle, Alexandre Grothendieck est mort, jeudi 13 novembre, à l'hôpital de Saint-Girons ...

Il avait 86 ans, vivait reclus dans un village de l'Ariège, sans plus de contact avec l'extérieur depuis une vingtaine d'années. Alexandre Grothendieck laisse quelque 20.000 pages de notes et de courriers, qu'il a interdit de publication.

Ses pairs le placent au même niveau qu'Albert Einstein ; il a obtenu la médaille Fields en 1966 - l'équivalent du Nobel des mathématiques, dit-on - ; la médaille Emile Picard en 1977, le Prix Crafoord en 1988, créé par l'Académie royale de Suède pour mettre en valeur les disciplines oubliées, justement, par Alfred Nobel.  Alexandre Grothendieck se moque des distinctions, vend au enchères sa première médaille pour financer le Nord-Vietnam en guerre contre les Etats-Unis ; et refuse le prix Crafoord. Comme il l'écrit à l'Académie, il attend le jugement du temps sur ses travaux, pas celui des hommes.

Alexandre Grothendieck s'est éteint hier jeudi, à l'hôpital de Saint-Girons, en Ariège, à l'âge de 86 ans. Pas très loin de Lasserre, le village où il vivait reclus depuis le début des années 1990. Un génie des maths, donc, un grand misanthrope aussi. Qui voulait se faire oublier. Il avait même émis le souhait que l'on ne publie pas les quelque 20.000 pages de notes et de courriers qu'il avait confiées à un ami... Celui-ci les a plutôt remises à l'université de Montpellier.

14 énigmes résolues en six mois

Alexandre Grothendieck naît à Berlin en 1928, d'un père juif anarchiste russe et d'une mère allemande. Ils fuient l'Allemagne en 1933, se réfugient en France, puis partent faire la guerre d'Espagne. Alexandre, pendant ce temps, grandit en France. Son père meurt à Auschwitz, il est interné avec sa mère au camp de Rieucros, près de Mende. Il le raconte dans son autobiographie-fleuve, Récoltes et semailles, consultable en ligne. A la fin de la guerre, il part étudier les maths à Montpellier puis à Paris.

Pour le tester, deux figures de l'époque, Laurent Schwartz et Jean Dieudonné lui confient 14 questions, sur lesquelles ils sèchent. Six mois plus tard, Grotendieck revient, avec les résultats. Et au passage, il a rédigé l'équivalent de six thèses de doctorat... Dix ans plus tard, il devient l'un des piliers de l'Institut des hautes études scientifiques, qui vient d'ouvrir à Bures-sur-Yvette.

Mai 68 passe par là. On le traite de "mandarin", il part en courant del'IHES. Arrive au Collège de France, en repart. Et rejoint la fac de ses débuts, à Montpellier. Il propose de tirer au sort les notes, ou de mettre 20 à tout le monde. Une fois la retraite arrivée, il disparaît aux yeux du monde. Le nom du village pyrénéen restera secret, sauf pour quelques rares amis. Jusqu'à sa mort.

04/11/2014

Disparition des oiseaux en Europe en raison des méthodes "modernes" d’agriculture

les surlignages sont de moi

lu sur Libération :

En trente ans, l'Europe a perdu 421 millions d'oiseaux - Libération

www.liberation.fr/.../en-trente-ans-l-europe-a-perdu-421-millions-d-oiseaux_ 1134981
 

AFP 3 NOVEMBRE 2014 À 08:34

Le déclin touche de nombreuses espèces communes, comme l'alouette, le moineau et l'étourneau.
L’Europe abrite 421 millions d’oiseaux de moins qu’il y a 30 ans et la gestion actuelle de l’environnement apparaît incapable d’enrayer l’hécatombe de nombreuses espèces récemment encore communes, révèle une étude publiée lundi par le journal scientifique Ecology Letters.
Cette disparition alarmante de la faune ornithologique européenne est liée aux méthodes modernes d’agriculture et à la disparition de l’habitat. «C’est un avertissement qui vaut pour toute la faune européenne. La manière dont nous gérons l’environnement est insoutenable pour nos espèces les plus communes», explique Richard Gregory, de la Société royale pour la protection des oiseaux, qui a co-dirigé l’étude. 

Un déclin allant jusqu’à 90% a été enregistré chez des espèces aussi communes que la perdrix grise, l’alouette des champs, le moineau et l’étourneau. Parallèlement, certains espèces rares d’oiseaux ont vu pendant la même période leurs effectifs s’améliorer grâce à des mesures de conservation, selon l’étude.

Les scientifiques, qui recommandent l’application rapide de nouveaux schémas agricoles et la mise en place de zones vertes en milieu urbain, ont analysé les données sur 144 espèces d’oiseaux de 25 pays européens, collectées en général par des observateurs bénévoles.

11/09/2014

Le 13 septembre, au jardin du Peyrou à Montpellier

lu dans les communiqués de presse de l'INSERM :

Midi Libre indique que le Science Tour, auquel est associé l’Inserm dans le cadre de son 50e anniversaire, s’installera, le 13 septembre, au jardin du Peyrou à Montpellier. Des animations, expositions, projections de films et de documentaires, débats et rencontres seront proposés durant cette journée. 

Midi Libre, 11/09

24/05/2014

La steppe de Crau et ses fourmis

à lire sur :

30 Avril 2014
Brève communication - Moisson inédite dans la steppe de Crau

Dans une plaine provençale polluée par du pétrole, des fourmis ont été introduites pour aider à la reconstruction de la végétation originelle.

Lire la suite

Pierre Le Hir, Le Monde

Moisson inedite dans la steppe de Crau
 
Danune plaine proveale polluée par du pétroledes fourmiont été introduites pour aider à Ia reconstitution de Ivégétation originelle

22/05/2014

lu dans la revue de presse de l'INSERM

Des chercheurs à Montpellier « qui révolutionnent la médecine »

Le Point, qui publie un dossier « Spécial Montpellier », souligne que des chercheurs « révolutionnent la médecine ». Le journal présente des chercheurs qui travaillent à Montpellier dans le domaine des sciences de la vie. En neurochirurgie, le Pr Hugues Duffau, chirurgien à l’hôpital Gui-de-Chauliac, opère des patients atteints de gliomes « dans des zones dites intouchables, car productrices de langage, de motricité ou d’autres fonctions cruciales ». Egalement chercheur à l’Inserm, il est connu pour être l’un des « pionnier de la neurochirurgie éveillée ». Il a remis en question le dogme  du cerveau compartimenté en zones pour lui substituer  un système complexe de réseaux de neurones reliés entre eux. Le Point présente également Philippe Van de Perre, professeur à la faculté de médecine, au CHU de Montpellier et directeur d’une unité Inserm, qui « fait partie des premiers chercheurs à avoir travaillé sur le virus du sida ». 

Le Point, 22/05

Constitution d’un groupe de travail parlementaire pour lutter contre le tabac

Le Parisien indique que, « dix jours avant la Journée mondiale sans tabac du 31 mai », un groupe de parlementaires s’est constitué, afin de « plancher sur des mesures pour faire baisser le nombre de fumeurs ». Ce groupe doit « apporter sa pierre au programme de lutte contre le tabagisme que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, doit présenter mi-juillet », souligne le journal. Les élus français et européens rendront leurs propositions le 19 juin. Jean-Louis Roumegas, député EELV de l’Hérault, l’un des animateurs de ce groupe, explique : « L’interdiction de fumer dans les lieux publics, les photos sur les paquets ou les hausses régulières de prix ne suffisent plus puisque le nombre de fumeurs repart depuis 2005 ». Parmi les « propositions chocs » pourraient figurer notamment, , « l’interdiction de la cigarette dans les films et sur Internet », « l’interdiction des zones de vente de cigarettes en duty free » et une « taxe mégot ». 

Le Parisien, 22/05

EN BREF

 

Paris Match rend compte des « bénéfices confirmés » de la caféine sur la maladie d’Alzheimer. Le journal souligne qu’a été observé « un effet bénéfique du café sur l’incidence d’Alzheimer chez l’homme, à raison de 2 à 4 tasses par jour ». Et d’ajouter que « des essais, chez l’animal, destinés à en élucider le mécanisme, ont montré que la caféine, par le blocage de certains récepteurs, réduit le dépôt de plaques amyloïdes ». Le quotidien rappelle les travaux de l’équipe lilloise du Dr David Blum (Inserm U837) qui ont montré sur un modèle de souris « que la caféine agit aussi contre la formation des protéines Tau ».
Paris Match, 22/05

 

Retrouver le communiqué de presse du 09.04.2014  lié aux travaux de Dr David Blum sur la salle de presse

02/05/2014

Les perturbateurs endocriniens omniprésents dans notre environnement

lu sur le monde :

Nouveaux soupçons sur le bisphénol A

abonnes.lemonde.fr/sciences/article/2014/04/23/nouveaux...

Le Monde.fr | 23.04.2014 à 18h03 • Mis à jour le 23.04.2014 à 18h46 |

Par Hervé Morin

Le bisphénol A (BPA), cette molécule entrant dans la fabrication de certains plastiques, est présente dans les tissus de 90 % de la population occidentale. C’est un perturbateur endocrinien : ses effets sur le système reproducteur, bien décrits tant chez l’animal que chez l’homme, sont attribués à l’affinité de cette molécule avec les récepteurs à œstrogènes, des hormones sexuelles « mimées » par le BPA. Mais d’autres effets, liés à un autre récepteur, viennent pour la première fois d’être mis en évidence in vivo, chez un modèle animal, le poisson zèbre.

« Nos résultats suggèrent qu’il ne faut pas étudier le bisphénol A avec la seule loupe des questions de reproduction, mais que d’autres effets, sur le métabolisme notamment, doivent être examinés », estime Vincent Laudet, directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (ENS Lyon, CNRS, université Lyon-I), qui a dirigé ces travaux publiés le 22 avril dans le journal de la Fédération des sociétés américaines de biologie expérimentale.

L’idée que le BPA puisse interagir avec d’autres récepteurs était dans l’air. Une équipe japonaise a ainsi montré in vitro que le récepteur ERRγ (γ pour gamma) présentait une forte affinité avec le plastifiant. « En 2011, nous venions de découvrir que chez les poissons zèbres, l’exposition au bisphénol A entraînait des malformations des otolithes, des structures minéralisées situées dans l’oreille interne, qui participent à la régulation de l’équilibre, rappelle Vincent Laudet. Nous avons décidé de voir si le récepteur ERRγ n’était pas impliqué. »

L’équipe a utilisé deux approches complémentaires. L’une, pharmacologique, visait à étudier l’affinité de différents bisphénols avec ERRγ. L’autre a consisté à faire varier le niveau d’expression de ce récepteur chez le poisson zèbre et à étudier les effets du BPA. « Nous avons établi que lorsqu’on diminue le nombre des récepteurs, il faut augmenter la dose de bisphénol pour observer un même effet sur l’oreille interne, et inversement », résume Vincent Laudet.Pour le chercheur, ces observations ont plusieurs conséquence en matière de santé publique. D’une part, la recherche de substituts au BPA par l’industrie du plastique devrait prendre en compte non seulement l’affinité de ces composés avec les récepteurs à œstrogènes, mais aussi avec le récepteur ERRγ. D’autre part, le fait que l’affinité entre ce dernier et le BPA soit 1 000 fois plus forte, in vitro, que celle observée avec les récepteurs à œstrogènes, repose la question des valeurs des doses journalières admissibles dans les aliments. « Cela pourrait expliquer des phénomènes liés à de faibles doses du BPA, l’ERRγ constituant un substrat biologique possible pour ces effets », avance Vincent Laudet.

Lire:  Bisphénol A : les toxicologues mis au défi

Surtout, il conviendrait d’élargir le spectre des effets potentiellement attribuables au bisphénol A. « Sur la souris, des travaux viennent de montrer que l’absence de récepteur ERRγ entraîne des problèmes d’audition, précise Vincent Laudet. La question des effets du BPA sur l’audition humaine doit être examinée. » Toujours chez la souris, on a constaté qu’ERRγ était impliqué dans le contrôle de la sécrétion de l’insuline, ce qui renvoie à des effets métaboliques déjà décrits du BPA. Ce récepteur serait-il aussi la clef pour comprendre l’obésité observée chez des nourrissons exposés au bisphénol ?

ÉVALUATION DES RISQUES

Autant de questions, encore sans réponses, posées alors que l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA) a lancé une consultation pour nourrir son futur avis sur l’évaluation des risques liés au BPA – avis dont la publication a été repoussée à fin 2014, en raison du nombre de commentaires recueillis. A l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a émis une opinion critique sur le projet d'avis de l'EFSA, Gérard Lafargue estime que l'étude dirigée par Vincent Laudet est « intéressante, car elle pointe d'éventuels effets métaboliques du bisphénol chez l'animal et l'homme ».

L'Anses avait rendu plusieurs rapports sur ce perturbateur endocrinien qui ont conduit la France, au-delà de l'interdiction européenne dans les biberons en 2011, à bannir en 2013 le BPA dans tous les contenants alimentaires destinés aux enfants de 0 à 3 ans, une mesure qui sera étendue à tous les contenants alimentaires à compter du 1er janvier 2015. « Ces nouvelles données confortent l'avis de l'Anses », estime Gérard Lafargue.

Pour Gabriel Livera, responsable du Laboratoire de développement des gonades (CEA Fontenay-aux-Roses), qui n’a pas participé à ces travaux, ceux-ci constituent « une avancée majeure et doivent d'ores et déjà attirer l'attention des agences sanitaires ». Pour autant, note-t-il, « il reste du travail » pour passer à d’autres modèles animaux et élargir ces observations à l’homme. Mais si un parallélisme pouvait être établi avec le poisson zèbre, alors celui-ci pourrait devenir « un atout pour un screening rapide de potentielles substances toxiques agissant par les mêmes voies que le BPA ». Un des enjeux concernant le BPA est effectivement désormais de lui trouver des substituts qui soient réellement inertes pour la santé et l'environnement.

Hervé Morin 
Pôle Science et Médecine

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sur le même sujet :

puberté précoce.pdf

MORALITÉ : ÉVITEZ LES RÉCIPENTS EN PLASTIQUE AUTANT QUE POSSIBLE !

12/11/2013

Appel aux autorités contre les pesticides

lu sur :

http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Lancement d’un appel aux autorités contre les pesticides

L’AFP rend compte du lancement, le 9 novembre, par des élus, des scientifiques et des responsables associatifs d’un appel aux autorités afin de réduire ou supprimer l’usage des pesticides en raison de leurs risques potentiels pour la santé.

Selon les signataires de la pétition, initiée par le député socialiste Gérard Bapt (Haute-Garonne), « l’effet cocktail de ces substances est encore insuffisamment documenté, mais pourrait s’avérer majeur pour un certain nombre d’associations avec des pathologies endocriniennes ou cancéreuses ».

Déjà, une cinquantaine de parlementaires et d’élus ont signé la pétition dont deux anciennes ministres de l’Ecologie, Delphine Batho et Chantal Jouanno, souligne l’agence de presse. Le Pr Charles Sultan, spécialiste des troubles hormonaux au Centre hospitalier régional universitaire de Montpellier, a également approuvé cette pétition, ainsi que notamment des représentants du Réseau Environnement Santé (RES) et de Générations Futures.

 

AFP, 09/11

08/10/2013

Le pot de fer de la bêtise contre le pot de terre de la connaissance

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/07/eolienne-contre-archeologie-dans-l-aude_3491347_1650684.html

Eolienne contre archéologie dans l'Aude

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 07.10.2013 à 15h49 • Mis à jour le 08.10.2013 à 08h24 |Par Vivianne Thivent

Fin août, dans l'Aude, un site archéologique connu, mais jamais fouillé, a été en partie détruit. Non par le feu ou le temps. Mais par un tractopelle venu faire place nette pour la construction d'une éolienne de 110 mètres de haut, l'une des six prévues par Alstom sur le site de Saint-Pierre-le-Clair. "Voici un bout de crâne humain, indique Christian Raynaud en époussetant un os plat ramassé par terre.Le chemin d'accès passe en plein sur le cimetière médiéval."

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Ce professeur d'histoire est le premier à avoir donné l'alerte. Face à lui, s'élèvent les ruines d'une église romane sur lesquelles un écriteau rouge prévient qu'"il est formellement interdit d'emporter des pierres". En contrebas, quelques puits, des murets entrelacés et un carré de terre fraîchement battue de 50 mètres de côté."Avant les travaux d'arasement, c'est là que se trouvait la majeure partie du village médiéval", assure Dominique Baudreu, du Centre d'archéologie médiévale du Languedoc.

"DEUX RECOURS JURIDIQUES"

"Mensonge !, s'insurge Patrice Cathala, maire de Bouriège, l'une des deux communes accueillant le parc éolien. Là-haut, il n'y a que des cailloux empilés par des paysans et les restes d'une église récente." Ce qu'infirme Florent Hautefeuille, spécialiste de l'archéologie médiévale à l'université Toulouse-II : "D'après la configuration des lieux, il s'agirait d'un village médiéval créé au XIIe siècle et déserté au XIVe." A cause de la crise économique et sociale qui a accompagné la guerre de Cent Ans, la majorité des hameaux ont été abandonnés, surtout dans le Sud, où l'habitat était très épars. Pour l'archéologue toulousain, le site de Saint-Pierre-le-Clair, répertorié en 1985 lors d'une campagne aérienne, aurait dû a minima être sondé avant le début des travaux.

"Mais ce projet de parc éolien a fait l'objet de deux recours juridiques, s'emporte Patrice Cathala. Les papiers ne peuvent qu'être en règle." En effet, depuis 2001 et les premières lois sur l'archéologie préventive, les demandes de permis deconstruire sont censées être visées par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et son service régional à l'archéologie (SRA). Un service qui, concernant ce dossier, ne possède qu'une demande d'informations datant de 2003 et venant de Tencia, filière de l'entreprise espagnole Ecotecnia. La demande étant vague, dépourvue de plan d'implantation des éoliennes, le service répond en transmettant une carte positionnant le site médiéval. Mais sans que le SRA soit de nouveau consulté, en octobre 2006, Tencia obtient un permis pour construire six éoliennes à la suite d'une demande déposée en 2004. Ce permis est immédiatement attaqué par des riverains, mais sur des arguments environnementaux, et non archéologiques. Ces plaintes sont rejetées en 2008 et en 2011. Entre-temps, Ecotecnia est racheté par Alstom, qui fait ainsi son entrée sur le marché de l'éolien.

"PROBLÈME DE TRANSFERT DU DOSSIER OU DE DÉLAI"

"Il y a dû y avoir une erreur quelque part, admet-on au SRA. Un problème de transfert du dossier ou de délai", deux écueils relevés par le Livre blanc de l'archéologie préventive, publié en mars et qui pourrait servir de socle à la loi sur le patrimoine attendue pour la fin de l'année. "Le délai de réponse, deux mois, est parfois trop court pour que les dossiers puissent être pleinement traités par les SRA", confirme Dominique Garcia, président de la commission ayant rédigé le rapport. Sauf qu'en l'occurrence, ce n'est peut-être pas ce qui s'est passé pour le site de Saint-Pierre-le-Clair, comme l'explique Jean-François Desbouis, le directeur de la direction départemental des territoires et de la mer, qui a le dossier sous les yeux : "En 2004, il y a eu un décret rendant facultatif l'examen par les services de l'archéologie de toute demande de permis de construire concernant des surfaces inférieures à un hectare et situées en dehors des zones de présomption de prescription archéologique qui, elles, se trouvent souvent en milieu urbain."

Les éoliennes ayant une faible emprise au sol et se trouvant par définition en milieu rural, elles échappent au joug systématique de l'archéologie préventive. En d'autres termes, si le site de Saint-Pierre-le-Clair a été détruit, c'est parce que la loi le permet. "Il faut toutefois remettre les choses dans leur contexte, insiste Jean-François Desbouis. En 2004, c'était le début de l'éolien. Aujourd'hui, tous les dossiers de ce type sont transmis pour avis préalable au SRA... en tout cas dans l'Aude." Ce département, avec 15 parcs éoliens actifs et 36 en cours d'instruction ou de construction, est l'un des champions français de l'éolien. Quid du reste du territoire ?

"LES ANGLES MORTS DE L'ARCHÉOLOGIE PRÉVENTIVE"

"Le cas de ces éoliennes peut être rapproché des angles morts de l'archéologie préventive, reprend Dominique Garcia. Dans le Livre blanc, nous avons relevé d'autres vides juridiques notamment concernant le domaine maritime ou encore les terrains agricoles, qui sont labourés de plus en plus profondément." "Il faut, de plus, insister sur le fait que si l'emprise au sol des éoliennes, ou des remontées mécaniques d'ailleurs, n'a qu'un impact limité en termes de surface, complète Florent Hautefeuille, les aménagements connexes comme les chemins d'accès ou le décapage peuvent entraîner des destructions importantes sur des sites tels que des villages désertés."

Mais qu'importe le contexte législatif, pour Jean-Paul Demoule, ancien président de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), la destruction n'aurait pas dû avoir lieu. "A partir du moment où les vestiges sont visibles, Alstom aurait dû suspendre les travaux et prévenir les services de l'archéologie. Telle est la loi." Une loi qui, d'après le professeur d'archéologie, est régulièrement bafouée. "Lorsque les aménageurs tombent sur des vestiges, la consigne est trop souvent de les détruire, affirme-t-il. Et pour cause : les amendes encourues sont moins élevées que le coût des fouilles."

ALSTOM INVOQUE LA BONNE FOI

Pour le cas de Saint-Pierre-le-Clair, Alstom invoque la bonne foi. Le développeur confirme avoir eu connaissance de la présence des sites archéologiques par des documents transmis en 2003. Il affirme en outre avoir placé les éoliennes en conséquence, c'est-à-dire en dehors de la zone concernée, et avoir mis au jour de nouveaux vestiges lors d'une simple "opération de défrichement". Même s'il a omis de signaler cette découverte au SRA, Alstom indique qu'il "facilitera l'accès au site en vue d'effectuer des fouilles archéologiques". A ce jour, aucune plainte contre le groupe n'a été déposée. Fin septembre, une première rencontre entre Alstom et les services de l'archéologie a eu lieu sur le site afin de prendre la mesure des dégâts engendrés, d'estimer l'intérêt d'une fouille sur les zones dégradées et de réfléchir aux solutions possibles concernant l'implantation de l'éolienne.

Lire aussi : Une exception à la règle ?

Une exception à la règle .pdf

05/10/2013

Perturbateurs endocriniens et Europe à 27 : lobbying à tous les étages

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/10/04/les-perturbateurs-endocriniens-au-c-ur-d-un-scandale-europeen_3489918_3244.html

Les perturbateurs endocriniens au cœur d'un scandale européen

LE MONDE | 04.10.2013 à 15h45 • Mis à jour le 04.10.2013 à 17h46 |Par Paul Benkimoun et Stéphane Foucart

Le dossier est si explosif qu'il est désormais entre les mains du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Sa conseillère scientifique, Anne Glover, devrait ainsi réunir dans les prochains jours l'ensemble des scientifiques impliqués dans une violente controverse aux enjeux économiques de taille : quelle position les Etats membres doivent-ils adopter vis-à-vis des perturbateurs endocriniens ?

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Bruxelles doit statuer d'ici à la fin de l'année sur les mesures destinées à protéger les Européens des effets de ces substances – plastifiants, cosmétiques, pesticides, etc. – qui interfèrent avec le système hormonal, à l'instar du bisphénol A qui sera définitivement interdit, en France, dans les conditionnements alimentaires, en 2015 .

La polémique a atteint ces derniers jours une intensité inédite. Certains membres de la communauté scientifique accusent – à mots couverts – plusieurs de leurs pairs de manoeuvrer en faveur des intérêts industriels, au mépris de la santé publique.

"LA SCIENCE EST DEVENUE L'ENJEU D'UNE GUERRE"

La bataille a débuté cet été avec la publication, dans plusieurs revues savantes, d'une tribune dans laquelle dix-huit toxicologues (professeurs ou membres d'organismes publics de recherche) critiquent les mesures en discussion à Bruxelles. Très contraignantes pour de nombreux industriels, celles-ci seraient, selon les auteurs, des "précautions scientifiquement infondées". Les signataires, menés par le toxicologue Daniel Dietrich (université de Konstanz, Allemagne), contestent notamment que ces molécules puissent avoir des conséquences délétères à des doses très faibles.

Ces effets sont pourtant au centre de nombreuses investigations scientifiques depuis une quinzaine d'années et sont reconnus par un rapport publié conjointement en 2012 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). En particulier, chez l'animal, l'exposition in utero à certaines de ces molécules, à doses très faibles, accroît les risques de survenue de certaines pathologies plus tard dans la vie – cancers hormono-dépendants, obésité, troubles neurocomportementaux, etc.

Le texte des dix-huit chercheurs a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Et une suspicion considérable. "Le problème des "intentions dissimulées" s'est accentué en même temps que s'est accrue la capacité de la science à peser sur la régulation des polluants et que la recherche académique dépend de plus en plus du soutien financier de l'industrie, écrivent, dans la revueEnvironmental HealthPhilippe Grandjean (Harvard Public School of Medicine, University of Southern Denmark) et David Ozonoff (Boston University), professeurs de santé environnementale et responsables de la publication. La science est devenue l'enjeu d'une guerre dont la plupart des batailles se jouent derrière la scène."

PAS MOINS DE 18 CONTRATS DE CONSULTANT ENTRE 2007 ET 2012

Dans la même édition d'Environmental Health, une quarantaine de toxicologues et d'endocrinologues publient une autre réponse cinglante, pointant que le texte de Daniel Dietrich et de ses coauteurs relève d'"une volonté d'influer sur des décisions imminentes de la Commission européenne". Une centaine d'autres scientifiques estiment, eux, dans un éditorial du dernier numéro de la revueEndocrinology, que le texte de M. Dietrich et de ses coauteurs "représente la science de manière trompeuse".

Surtout, les répliques adressées aux dix-huit chercheurs s'indignent de ce que ces derniers n'ont pas divulgué – comme d'usage dans les revues scientifiques – leurs liens d'intérêt avec les industriels potentiellement concernés par une nouvelle réglementation. "C'est ce qu'ont fait les vingt-cinq scientifiques, dont je faisais partie, qui ont rédigé en 2012 le rapport de l'OMS et du PNUE, précise Ake Bergman (université de Stockholm). C'est aussi ce qu'ont fait tous les signataires – dont je fais partie – de la réponse envoyée à M. Dietrich et à ses coauteurs."

Les liens de ces derniers avec l'industrie ont finalement été rendus publics. Fin septembre, une enquête de l'agence Environmental Health News (EHN) a révélé que dix-sept des dix-huit auteurs entretenaient des relations financières avec "des industriels de la chimie, de la pharmacie, des cosmétiques, du tabac, des pesticides ou des biotechnologies".

LETTRE OUVERTE À LA CONSEILLÈRE SCIENTIFIQUE DE M. BARROSO

Certains ont vu leur laboratoire financé par des entreprises, d'autres ont bénéficié de rémunérations personnelles au titre de consultant ou de conseiller scientifique. Le toxicologue Wolfgang Dekant (université de Würzburg, Allemagne), par exemple, a enchaîné, selon les informations recueillies par EHN, pas moins de dix-huit contrats de consultant entre 2007 et 2012 avec des sociétés dont il n'a pas divulgué l'identité. Et la liste ne s'arrête pas là. M. Dietrich et ses coauteurs sont aussi à l'initiative d'une lettre ouverte à Anne Glover, signée par une cinquantaine d'autres scientifiques. Selon un premier criblage effectué par EHN, au moins une quarantaine d'entre eux ont aussi des liens avec des industriels.

"Les estimations les plus récentes suggèrent que près d'un millier de molécules pourraient être des perturbateurs endocriniens, explique M. Grandjean. De nombreux secteurs peuvent donc être impliqués." Le chercheur, une des figures de la recherche en santé environnementale, dit ne pas être surpris des collaborations de M. Dietrich et ses coauteurs avec les milieux industriels, mais s'étonne "qu'ils ne collaborent apparemment pas avec des ONG ou des associations de patients".

LES ZONES D'OMBRE S'ÉTENDENT AUSSI AU SEIN DE LA COMMISSION

M. Dietrich n'a pas souhaité répondre au Monde. L'un des coauteurs, Wolfgang Dekant, assure qu'il n'y a eu "aucune implication de l'industrie, formelle ou informelle", dans l'initiative ou la rédaction du texte.

Les zones d'ombre s'étendent aussi au sein de la Commission. La députée européenne Michèle Rivasi (EE-LV), ainsi que d'autres parlementaires, vont adresser dans les jours qui viennent une question écrite à José Manuel Barroso pour demander la publication de la déclaration d'intérêts d'Anne Glover, sa conseillère scientifique. Des éléments pour le moment non communiqués sur le site de la Commission.

A Bruxelles, on indique que seuls les commissaires sont tenus de rédiger et de rendre publique une déclaration d'intérêts. Il a été précisé au Monde que José Manuel Barroso avait choisi Anne Glover à l'issue d'un "processus de recrutement rigoureux".

Débat sur les perturbateurs endocriniens

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01/10/2013

Boissons énergisantes : de la chimie pas anodine ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/01/les-boissons-energisantes-doivent-elles-etre-reglementees_3487585_3224.html

Boissons énergisantes : l'Agence de sécurité sanitaire s'inquiète

Le Monde.fr | 01.10.2013 à 09h24 • Mis à jour le 01.10.2013 à 18h47 |Par Pascale Santi

La consommation de boissons énergisantes est loin d'être anodine. L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses), dans son avis rendu public mardi 1er octobre (voir le pdf), recommande d'éviter la consommation de ces boissons dites "énergisantes" (BDE), de type Red Bull, Monster ou Burn, avec de l'alcool ou lors d'un exercice physique.

Les BDE – l'Anses préfère l'appellation "boissons excitantes" – sont des sodas enrichis de substances (caféine, ginseng, taurine, D-glucuronolactone...). Un point commun : leur teneur en caféine. Une canette standard (250 ml) équivaut à deux cafés expressos (50 ml), ou deux canettes de soda au cola. Arrivées sur le marché français en 2008, ces boissons, dont environ 40 millions de litres sont consommés chaque année, ont toujours été scrutées par l'agence sanitaire, qui s'était opposée à leur mise sur le marché.

Depuis juin 2012, date à laquelle une trentaine de cas suspects avaient été signalés, dont deux morts, l'Anses a analysé 257 cas d'effets indésirables (212 réellement exploitables) et a épluché la littérature internationale. Une jeune fille de 16 ans, morte juste après s'être arrêtée de danser en discothèque, avait consommé ces boissons et de l'alcool. Ces accidents cardio-vasculaires surviennent "très vraisemblablement" chez des sujets génétiquement prédisposés.

Lire notre décryptage : "Les boissons énergisantes sont-elles mortelles ?"

PROGRESSION DES VENTES DE 38 % EN 2012

D'autres effets indésirables ont été signalés : psycho-comportementaux (crises de panique, nervosité) ou neurologiques (épilepsie). "C'est très préoccupant. Ces boissons ne sont pas du tout anodines", indique le professeur Irène Margaritis, chef de l'unité d'évaluation des risques liés à la nutrition à l'Anses. D'autant que ces boissons séduisent de plus en plus. Les ventes de Red Bull (leader du marché en France avec 40 %), ont progressé de 38 % en 2012.

En mars 2013, une étude réalisée par l'Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) montrait que 30 % des adultes en buvaient, 68 % des 10-18 ans, et 18 % des enfants de 3 à 10 ans. Très prisées des jeunes, elles favorisent le binge drinking, la "biture express". "Un tel mélange atténue le goût et la perception de l'alcool, favorise les situations à risques et augmente le risque de déshydratation", estime Franck Fourès, directeur adjoint à l'Anses. Trente-deux pour cent des consommateurs le font dans un cadre festif.

Or Red Bull et autres industriels se targuent de stimuler l'étudiant, le sportif, le fêtard. Phénomène préoccupant : 41 % les consomment avant, pendant ou après une activité physique. Or "elles n'ont aucun intérêt nutritionnel en situation d'exercice", dit l'Anses. Au contraire, la caféine a des effets excitants et indésirables nombreux. C'est donc leur teneur en caféine qui est le plus problématique.

Une étude réalisée par des chercheurs de l'hôpital pour enfants de Zurich, publiée jeudi 26 septembre dans la revue Plos One, a montré que la consommation de trois ou quatre tasses de café par jour conduirait à une réduction du sommeil et à un retard du développement cérébral.

TAXE DE 50 CENTIMES D'EUROS PAR LITRE

Ainsi, 30 % de la population adulte dépasse le seuil de caféine retenu comme générateur d'anxiété, qui correspond à 6 expressos par jour pour un adulte. C'est le cas aussi pour 1 % à 2 % des enfants de 3 à 14 ans. Onze pour cent des 3 à 10 ans et 7 % des 11 à 14 ans dépassent le seuil d'accoutumance et, en cas d'arrêt, développeraient des symptômes de sevrage.

"Ces chiffres sont inquiétants, les répercussions sur le sommeil des jeunes et le risque de conduites addictives existent", explique Franck Fourès. Autant de chiffres qui devraient faire réfléchir les parents. Faut-il attendre davantage de morts pour prendre des mesures ? se demandent les experts. L'Anses appelle à la mise en œuvre de mesures visant à encadrer la promotion de ces boissons pour les publics sensibles : enfants, adolescents, femmes enceintes.

"Il serait utile d'en interdire la vente aux mineurs, ou d'être très dissuasif concernant la vente de ces produits", explique Pascal Terrasse, député PS. Son collègue Gérard Bapt, rapporteur PS du budget de la Sécurité sociale, souhaite, lui, déposer un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour instaurer une taxe de 50 centimes d'euros par litre. Une tentative qui avait échoué l'an dernier.

L'association de défense des consommateurs Consommation, logement et cadre de vie (CLCV) a demandé, lundi, que la référence au sport, par l'intermédiaire du sponsoring, soit bannie du marketing des firmes. Marisol Touraine, ministre de la santé, souhaite également mieux encadrer ces boissons.

Lire aussi : Boissons énergisantes : la défonce en supermarché ?

 

 

29/05/2013

"biture express" (Montpellier la nuit)

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/27/alcool-jeunes-des-risques-sans-moderation_3418191_1650684.html

Génération "biture express"

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 27.05.2013 à 17h57 • Mis à jour le 28.05.2013 à 11h41

Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Génération "biture express".pdf

extrait:

"SOCIÉTÉ ADDICTOGÈNE"

"On est dans une société addictogène, qui incite à démultiplier les sensations fortes. C'est devenu la règle. Cette société met en avant la notion d'individu plutôt que la notion de groupe. Elle valorise la réponse 'instantanée et intense', donc celle d'une substance comme l'alcool. On est aussi dans une société de la performance. Enfin, c'est une société de grande disparité économique. Autant de points qui convergent et qui expliquent ce phénomène", analyse Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien, président de la Fédération Addiction.

Les effets de l'alcool sont nombreux. Quand on demande aux jeunes filles ce qui se passe dans les soirées en terme de sexualité, la réponse est instantanée : "Hop hop hop !", plaisante Fleur. "Tout le monde se chope tout le monde", dit spontanément Romane. Les effets de l'alcool amènent à ne pas se protéger lors de rapports sexuels. Conséquences : VIH, IST, grossesses, avortements... sans parler des violences sexuelles. Ils se prennent souvent en photo, parfois se filment... pour partager leurs expériences. Ils minimisent les risques, notamment sur la route. Près d'un jeune sur quatre (39,8 %) tué sur la route en 2010 l'a été dans un accident lié à l'alcool. Les conséquences sont souvent dramatiques (accidents domestiques, bagarres...).

PRÉDISPOSITION AUX MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Les conséquences à long terme du binge drinking sur la santé sont tout aussi inquiétantes. Des chercheurs français ont ainsi montré que les bitures du week-end sont associées à un risque deux fois plus élevé d'infarctus du myocarde qu'une consommation de la même quantité d'alcool répartie sur la semaine. De plus, des lésions peuvent se constituer rapidement, comme le suggère une étude publiée en ligne, le 23 avril, dans le Journal of the American College of Cardiology : des modifications des cellules de la paroi des vaisseaux sanguins prédisposant aux maladies cardiovasculaires chroniques sont observées chez des étudiants de 18-25 ans, adeptes des bitures express depuis le collège.

En Angleterre et au Pays de Galles, où le phénomène a commencé il y a bien plus longtemps qu'en France, les décès dus à des maladies du foie – principalement cirrhoses – causées par l'alcool grimpent en flèche depuis vingt ans (2 500 en 1987, 6 300 en 2010), alors que cette cause de mortalité est en régression dans les autres pays d'Europe.

ALTÉRATION DES STRUCTURES CÉRÉBRALES

Mais ce sont surtout les dégâts de ce toxique sur le cerveau encore en plein développement des adolescents (sa maturation se termine vers 20-25 ans) qui préoccupent. Les études sur des modèles animaux et chez de jeunes binge-drinkers, qui s'accumulent ces dernières années, sont concordantes. L'alcool peut altérer des structures cérébrales comme l'hippocampe, impliqué dans les processus d'apprentissage et de mémorisation. Avec pour conséquences de possibles déficits de ces fonctions.

Ainsi, les adeptes des bitures express doivent travailler davantage que des sujets contrôles pour atteindre le même résultat dans une tâche de mémoire de travail, conclut une étude belge, publiée fin avril dans la revue PLos One.

 VULNÉRABILITÉ DU CERVEAU ADOLESCENT

La vulnérabilité particulière du cerveau adolescent a déjà été établie pour d'autres drogues, dont le cannabis, mais l'addiction à l'alcool a des caractéristiques particulières, relève le professeur Mickaël Naassila, directeur de l'équipe Inserm ERI 24/Groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances (GRAP), à Amiens. "Comme avec l'héroïne, le syndrome de sevrage à l'alcool est intense et puissant, ce qui est une source de rechute. Ce phénomène n'existe pas avec les psychostimulants, explique le neurobiologiste. Par ailleurs, contrairement aux autres drogues qui restent en périphérie des cellules, l'alcool diffuse dans le cytoplasme et le noyau, et peut perturber le fonctionnement des gènes." Des travaux, dont ceux de l'équipe de Mickaël Naassila, ont démontré qu'une exposition précoce à l'alcool, in utero ou à l'adolescence, est un facteur de risque considérable de dépendance ultérieure.

Pour s'en convaincre, il suffit de passer une journée dans son unité de recherche, étonnamment l'une des seules en France exclusivement consacrée à l'étude de l'alcoolo-dépendance. Dans une petite pièce de l'animalerie, fermement tenue par une chercheuse, un rat s'agite dans tous les sens en poussant de petits cris. Les poils dressés, il semble prêt à la mordre. D'un geste assuré, le professeur Mickaël Naassila saisit l'animal par la nuque, le calme en le berçant puis le remet dans sa cage. "Il est hyperanxieux, c'est un syndrome de sevrage", explique-t-il.

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sur le même sujet :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/05/27/en-milieu-festif-ne-pas-juger-et-reduire-les-risques_3418192_1650684.html

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En milieu festif, ne pas juger et réduire les risques

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 27.05.2013 à 17h31 • Mis à jour le 27.05.2013 à 17h33

Par Sandrine Cabut et Pascale Santi

Que dire aux adolescents pour prévenir les usages abusifs d'alcool ? Que doivent faire les parents lorsque les comportements sont addictifs ? "Face à l'évolution très significative de la façon dont les jeunes rencontrent l'alcool, il faut qu'on s'y prenne autrement", lance Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et président de la Fédération Addiction. Les messages sur les dangers ne fonctionnent pas, tout comme les discours moralisateurs. "Cela ne sert à rien de dire aux jeunes que c'est dangereux", expliquent Marguerite Arène et Catherine Jouaux de la mission prévention des toxicomanies de la Mairie de Paris.

D'autant plus que l'alcool est un produit banalisé, accessible, associé à la fête, quelle qu'elle soit. "Il y a une hypocrisie majeure des pouvoirs publics. Tout est organisé pour faire boire les jeunes. C'est malheureux qu'on n'ait pas pu restreindre la publicité pour l'alcool sur Internet", regrette M. Couteron. Il faut donc préparer les ados à anticiper, à accompagner les premières expériences.

PARADOXE

"Les consommations d'alcool massives et répétées chez les moins de 15 ans ne doivent surtout pas être banalisées et doivent alerter les parents, afin d'aller consulter", prévient le docteur Alain Rigaud, psychiatre, président de l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. "Entre 15 et 18 ans, les parents doivent ouvrir le dialogue et être attentifs si les adolescents sont dans le déni", poursuit-il. A fortiori s'ils constatent une baisse des activités, des résultats scolaires, etc.

Si de nombreux parents se disent désemparés, certains jeunes ne comprennent pas comment leurs géniteurs ne s'aperçoivent pas qu'ils mentent. Certains attendent secrètement une réponse de leur part. Paradoxe : si les parents trouvent leur ado avec un joint, ils penseront la plupart du temps qu'il a un problème ; s'il rentre ivre, ils ne s'inquiéteront pas forcément.

Dans tous les cas, il faut tenter de réduire les risques, notamment dans les espaces festifs. Par exemple, dans le département des Landes, "on donne des conseils - ne jamais rester seul, désigner un conducteur responsable", souligne Didier Spinhirny, directeur de l'association La Source Landes Addictions, à Mont-de-Marsan.

"RÉDUIRE LES RISQUES"

"On n'est jamais dans le jugement", insiste Franck, intervenant du collectif Fêtez clairs, qui réunit des associations, sous l'égide de la Mairie de Paris, sur des lieux festifs de la capitale. "Le but est de réduire les risques : organiser des endroits calmes, des chill out - espaces mobiles de prévention inspirés des rave parties -, avoir de l'eau à disposition", poursuit-il. A certains endroits, l'eau des toilettes est chaude ou non potable.

"La période de l'adolescence est celle des expérimentations, il faut être dans la vigilance bienveillante", explique Edwige Picard, psychologue à l'association Douar Nevez à Ploërmel (Morbihan). Souvent, cela renvoie les familles à leur propre consommation.

"THE BINGE, TROP BOIRE C'EST LE CAUCHEMAR"

Pour faire passer leurs messages, les spécialistes ont recours à des outils qui plaisent aux jeunes, comme un serious game, que l'équipe de Xavier Pommereau (CHU de Bordeaux) est en train de préparer, ou à travers des films. La Mairie de Paris a lancé, début 2010, un concours autour de l'alcoolisation excessive, le genre étant le film d'horreur. Plus de 100 films ont été reçus pour cette campagne de promotion, intitulée "The binge, trop boire c'est le cauchemar". Un DVD rassemble les 19 meilleurs films.

Les experts sont unanimes : éviter de boire avant l'âge de 15 ans est impératif. "Il faut aider les jeunes à dire non, mais aussi leur donner des astuces pour ne pas avoir à dire oui (refus au nom d'interactions avec des antibiotiques ou parce qu'on a déjà fait la fête la veille...). Et ils ne doivent pas hésiter à appeler leurs parents même s'ils sont saouls", explique M. Couteron. Et lorsque des adolescents organisent une fête, un adulte doit être à proximité.

26/05/2013

Médias : OMERTA sur la manifestation contre MONSANTO d'hier

Rien dans les médias que je consulte habituellement.

J'ai trouvé en cherchant par mots clefs :

http://yasminehinot.blog.lemonde.fr/2013/05/25/la-manif-contre-monsanto-cest-le-25-mai-partout-dans-le-monde-paris-sit-in-de-14h-a-18h-esplanade-du-trocadero-parvis-des-droits-de-lhomme/

La manif contre Monsanto, c’était hier 25 mai partout dans le monde !

Manifestation contre Monsanto à Paris le 25 mai 2013

Plus de quatre mille personnes avaient accepté de participer à l'évènement sur le réseau social Facebook et plus d'un milliers étaient présents aujourd'hui 25 mai sur la parvis du Trocadéro, pour crier leur colère contre la frime Monsanto (géant mondial des pesticides, des OGM et des semences).

Une sérieuse averse n'a pas ébranlé la mobilisation des participants venus pique-niquer, lire un journal, ou tout simplement papoter le temps d'un sitting protestataire, dont les slogans étaient : "A bat Monsanto!", "Oui, oui, oui à l'agro-écologie"ou "Avec Monsanto, nos légumes sont accros".

A première vue, Le Monde n'a pas parlé de cette manifestation internationale contre la firme Monsanto et les dégâts qu'elle assure à la nature, à la biodiversité et à l'agriculture. Aujourd'hui ras-le-bol général au Trocadéro, mais plus spécialement dénonciation du lobbying de la firme auprès du Parlement Européen qui cède à tous ses caprices ; pour une agriculture qui respecte le sol,  qui préserve les agriculteurs de la dépendance aux grandes sociétés de produits phytosanitaires et de semences.

Pour aller plus loin : Solutions locales pour un désordre global et Le monde selon Monsanto

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http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/26/1634777-manif-citoyenne-contre-monsanto.html

Manif citoyenne contre Monsanto

LaDépêche.fr 

Publié le 26/05/2013 à 03:47, Mis à jour le 26/05/2013 à 08:46

«Monsanto empoisonne l'air, la terre, l'eau, les bêtes et les hommes !», se désespère Emma, l'une des manifestantes présentes hier à l'appel d'Europe Écologie Les Verts, place Saint-Étienne, contre la multinationale américaine spécialisée dans les biotechnologies végétales. Une journée internationale organisée afin de dénoncer les atteintes faites par l'entreprise, selon les organisateurs de la journée, à la biodiversité, à l'autonomie des agriculteurs et à la gestion du vivant. Lors de l'événement, une soixantaine de personnes s'est réunie afin de manifester son indignation face à des entreprises comme Monsanto, avec la participation de Catherine Grèze (notre photo-N. Gaillard), députée européenne du Sud-Ouest à l'origine d'un rapport de la commission Développement du Parlement européen sur la biopiraterie, qui estime : «Les populations du Sud mais aussi du Nord sont lésées par la biopiraterie, ce pillage du vivant effectué par le biais de brevets. Monsanto, géant des biotechnologies participe allègrement à ce phénomène inquiétant».

S. HY.

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http://alsace.france3.fr/2013/05/25/manifestation-anti-monsanto-strasbourg-257690.html 

Manifestation anti Monsanto à Strasbourg - France 3 Alsace

A l’initiative du mouvement Occupy américain est organisée la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto, contre ses OGM et ses pesticides. 

  • Par Denis Becker
  • Publié le 25/05/2013 | 16:47, mis à jour le 25/05/2013 | 19:27
monsanto.jpg
 
Monsanto est une entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales. Depuis longtemps déjà, elle est accusée de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à l’écosystème. Dans le même temps, ses méthodes de lobbying sont contestées.

La manifestation à Strasbourg : rendez-vous devant le parlement Européen ce samedi 25 mai à partir de 14h00 pour un cortège à travers les rues de la ville dont un arrêt devant le Conseil de l'Europe.
Selon les responsables de ce mouvement :
"Ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui veulent la reconnaissance du droit à un environnement sain pour tous et réclament une nourriture dépourvue de poison chimique!
Nous, citoyens, appelons tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement.
Nous demandons aux représentants du peuple français, ainsi qu’aux responsables européens de :
•      Rendre obligatoire, par devoir d’information, un étiquetage des produits issus d’OGM au niveau européen.
•      Débloquer des crédits de recherche pour étudier les conséquences à long terme d’une alimentation OGM sur la santé publique.
•      Réévaluer les molécules de synthèse employées par l’agrochimie. Prendre en compte toutes les études indépendantes et non les études financées par ces firmes dont la crédibilité est sévèrement remise en cause.
•      Procéder à une mise en jour des études sur les liens entre l’exposition chronique aux produits chimiques agricoles (désherbants, fongicides, pesticides, insecticides, fertilisants...) et l’augmentation des cancers et des problèmes d’infertilité.
•      Ouvrir un grand débat national sur les orientations responsables et soutenables de l’agriculture de demain, pour préparer et mettre en œuvre LA Transition Ecologique.

Au même moment, plusieurs centaines de manifestations se déroulent à travers le monde. Des manifestations organisées par des citoyens mobilisés  contre les OGM.

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http://fr.euronews.com/2013/05/25/premiere-manifestation-internationale-simultanee-contre-le-geant-americain-de-l/

Première manifestation internationale simultanée contre le géant américain de l’agrochimie Monsanto

Cette manifestation a eu lieu ce samedi dans de nombreux pays. 
Des centaines de personnes y ont participé. L’entreprise américaine, spécialiste des biotechnologies végétales, est accusée depuis longtemps de promouvoir des produits nocifs à l’homme et à 
l’écosystème.

Plus d'actualités sur : 

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http://www.journaldemontreal.com/2013/05/25/mobilisation-mondiale-contre-monsanto

Manifestation contre Monsanto et les OGM - Le Journal de Montréal

Plusieurs centaines de militants ont bravé la grisaille, samedi à Montréal, pour protester contre les semences contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que contre Monsanto, grand producteur mondial de ce type de semences qui possède 90% des semences génétiquement modifiées sur la planète.

Ils ont ainsi joint leur voix aux manifestants de plus de 300 villes d’un peu partout à travers le monde en cette journée de mobilisation mondiale.

À Montréal, les protestataires se sont d’abord réunis au Square Dorchester avant de commencer à marcher, vers 14 h 30, pour se rendre jusqu’au parc Jeanne-Mance.

Dans la province, il y avait des rassemblements dans les villes de Sherbrooke et de Québec. Plusieurs grandes villes de l’Europe et de l’Asie se sont aussi mobilisées.

Les militants réclament notamment l’étiquetage obligatoire des produits contenants des OGM alors que les plus ardents opposants souhaitent que tous les produits génétiquement modifiés soient complètement bannis au Canada.

«On est très ignorants des conséquences»

Alors qu'il devait y avoir une diminution des pesticides, l'agronome et agricultrice Andrée Deschênes a dénoncé le fait que l'objectif n'a pas été atteint. Elle a rappelé également qu'en créant les modifications génétiques, on affirmait vouloir nourrir davantage l'humanité, mais que le résultat en est tout autre, puisque plus d'agriculteurs sont désormais dépendants de leurs fournisseurs.

«Il y a des recherches qui se font sur les effets des organismes génétiquement modifiés (OGM), mais il est très difficile d'obtenir des conclusions à court terme et notre expérience avec ces plantes est trop brève», a avoué l'agronome, en entrevue à TVA Nouvelles.

Un lobby puissant

«Du côté des agriculteurs, c'est à la fois un outil qui a été bien adopté, bien diffusé, mais présentement ce serait difficile pour eux de retourner à une autre méthode. Ils sont pris dans une situation où ils n'ont plus d'autonomie quant aux semences et à leur principal approvisionnement pour produire», a rajouté Mme Deschênes, en expliquant que les décisions ne sont plus prises aujourd'hui dans l'intérêt général, mais sous la pression de lobbys.

Cette grande manifestation contre la firme Monsanto est en partie le résultat du problème lié au Roundup, cet herbicide né il y a un peu plus de 30 ans et une exclusivité de l'entreprise pendant de nombreuses années.

Dès le départ, des publications affirmaient que des produits cancérigènes se trouvaient sur les plantes après l'utilisation de cet herbicide. «Ce n'était pas un problème à l'époque puisque les plantes étaient toutes détruites, mais avec les OGM maintenant, les plantes résistent au Roundup de sorte qu'il est présentement hébergé dans les plantes alimentaires qui viennent dans nos assiettes», a expliqué Mme Deschênes.

Avec cette manifestation planétaire, les organisateurs ont dit souhaiter une agriculture sans OGM et sans pesticide, qui respecte les écosystèmes et la santé humaine

21/05/2013

Le 25 mai : manifestation contre MONSANTO (suite)

Attention modification lieu Manifestation mondiale contre Monsanto le 25 mai, 14h00, TROCADERO PARIS

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La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement esplanade du Trocadéro le samedi 25 mai à partir de 14h. 

Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance d'un droit à un environnement sain pour tous !

Merci de prendre note que le lieu définitif pour le Sit-in mondial contre Monsanto se fera à Esplanade du TROCADERO à Paris ce 25 mai !

Nous avons besoin de vous pour la relayer dans vos réseaux et s'assurer que nous serons tous regrouper au bon endroit !

Ci-dessous le communiqué des revendications de la marche et un bandeau à publier dans vos réseaux sociaux !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site Combat-Monsanto.org

Amitiés

Message des organisateurs : 

Nous sommes heureux de vous accueillir et vous rappelons que votre votre PRÉSENCE EST INDISPENSABLE le 25 mai de 14 à 18h sur l'esplanade du Trocadéro - parvis des droits de l'homme.

Nous rappelons à tous qu'il s'agit d'un mouvement CITOYEN, FAMILIAL et PACIFIQUE, et que les SEULS MESSAGES BIENVENUS seront ceux en rapport avec le sujet Monsanto, pesticides et OGM ; nous serons très vigilants et ce que cela soit respecté.

Nous avons préparé de quoi animer ces 4h ; musique, animations et invités surprises. Nous vous demandons de vous vêtir si possible de COULEURS GAIES ou de vous costumer si cela vous amuse ; d'apporter avec vous vos INSTRUMENTS DE MUSIQUE (guitares, tambours et même casseroles !), de quoi boire et goûter (sans OGM cela va de soit !), sacs poubelles (afin de laisser place nette en partant), appareils photos et/ou vidéo afin d'immortaliser cette journée qui s'inscrit dans un mouvement international.

N'hésitez pas à déposer des tracs chez vos commerçants préférés, et faites nous signe svp pour rejoindre le service de modérations/sécurité. Nous serons nombreux et avons besoin d'un coup de main à ce sujet.
 
Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

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communiqué :

La manif mondiale contre Monsanto se tiendra finalement PLACE DU PALAIS ROYAL à Paris le 25 mai après discussion avec la préfecture car plus d'un millier de personnes sont attendues. L'évènement sera festif et familial : artistes de rue, musiciens et joueurs de casseroles sont les bienvenus !

Le 25 mai 2013 sera une journée marquée d’une pierre blanche dans la mobilisation citoyenne mondiale. A l’initiative du mouvement Occupy américain, dans une démarche citoyenne autonome, le mot d’ordre a été lancé à travers les réseaux sociaux d’organiser la première manifestation internationale simultanée contre Monsanto. Plusieurs dizaines de manifestations sont organisée aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Inde. 

La France et ses citoyens mobilisés de longue date contre les OGM auront aussi leur manifestation citoyenne avec l’organisation d’un rassemblement devant PLACE DU PALAIS ROYAL le samedi 25 mai à partir de 14h. Sans étiquette politique, ce rassemblement citoyen est spontané et ouvert à tous ceux qui se reconnaissent dans le rejet des multinationales de l’agroalimentaire pour réclamer une nourriture dépourvue de poison chimique et la reconnaissance due droit à un environnement sain pour tous !

Alors rejoignez nous à PARIS le 25 Mai 2013 pour dire ensemble que « Le monde de Monsanto ne sera jamais le notre ! »

Combat Monsanto appelle tous ceux qui nous soutiennent à se joindre au mouvement !

 Des manifestations sont également organisées à Marseille et Strasbourg face au Parlement européen le même jour !

Communiqué des organisateurs citoyens de la « MARCH AGAINST MONSANTO – PARIS » pour un SITTING PACIFISTE PLACE DU PALAIS ROYAL LE 25 MAI 2013 DE 14 À 18H

Face à la voracité de Monsanto faisons entendre nos voix !

Retrouvez toutes les infos et le communiqué complet sur le site 

Combat-Monsanto.org

Cette initiative est soutenue par le Mouvement Colibris !

02/05/2013

Informations médicales du jour : pesticides, alcool

lues sur : http://presse-inserm.fr/dans-lactualite/synthese-de-presse/

Selon une étude de l’InVS, la première du genre sur le sujet, publiée dans le cadre de l’étude nationale nutrition santé, la population française présente « un taux d’imprégnation par les pesticides parmi les plus élevées, par rapport à ceux relevés dans les pays comparables », indique Le Monde.
L’étude comporte deux volets, mais c’est le premier qui est le plus inquiétant : l’exposition aux pyralènes et aux pesticides.
Une des explications apportées est que la France présente des retards chroniques en matière de « biosurveillance », comparé aux autres pays européens. S’agissant du deuxième volet de l’étude, la présence de métaux lourds dans l’organisme, les conclusions sont plus rassurantes et soulignent des taux de plomb en baisse de 60% par rapport à 1995.
Le Monde, 02/05

Un article de La Croix s’intéresse à une étude du Laboratoire de psychologie médicale et d’addictologie de l’Université libre de Bruxelles, selon laquelle « pour effectuer une tâche simple de mémorisation, les jeunes pratiquant la ‘défonce alcoolique’ doivent beaucoup plus activer le cortex de leur cerveau » que les autres.
Le « binge drinking », s’il ne laisse rien apparaître de négatif en termes de performance et de réussite universitaire, induirait donc des modifications au niveau cérébral, dont on ignore encore si elles sont réversibles ou non.
La Croix, 02/05

24/04/2013

Pesticides : le ministère de l'agriculture et l'État coupables de négligence, la santé des français sous la coupe des lobbies

... et le contribuable paye les dépenses de santé. 

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/23/des-dizaines-de-pesticides-sont-autorises-en-france-contre-les-avis-d-experts_3164733_3244.html

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Des dizaines de pesticides sont autorisés en France contre les avis d'experts

LE MONDE | 23.04.2013 à 13h02 • Mis à jour le 23.04.2013 à 13h02

Par Stéphane Foucart

La révélation pourrait alourdir encore l'atmosphère de défiance qui s'installe en France entre la société civile et les pouvoirs publics : des dizaines de produits phytosanitaires agricoles ou domestiques (insecticides, herbicides, fongicides, etc.) sont autorisées depuis plusieurs années, sans tenir compte des alertes de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).

Des courriers, adressés par la direction générale de l'agence au ministère de l'agriculture, obtenus par l'association Générations futures et rendus publics mardi 23 avril, témoignent de profonds dysfonctionnements dans le système d'attribution ou de reconduction des autorisations de mise sur le marché des pesticides. Ces dernières sont délivrées par la direction générale de l'alimentation (DGAL), placée sous la tutelle du ministère de l'agriculture. Ces anomalies justifient, selon l'association, des recours en justice et, notamment, un dépôt de plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui".

De quoi s'agit-il ? Dans un courrier daté du 27 août 2012, Marc Mortureux, le directeur général de l'Anses, rappelle à Patrick Dehaumont, directeur général de l'alimentation, avoir déjà "attiré l'attention" de ses services, en octobre 2009, sur "les problèmes posés" par le fait que les avis de l'Anses relatifs aux pesticides ou aux produits fertilisants "n'étaient pas tous suivis d'une décision par le ministère chargé de l'agriculture dans les délais prévus par la réglementation". Le courrier divulgué par Générations futures pointe également "le maintien sur le marché de produits pour lesquels avait été émis un avis défavorable ou un avis favorable avec restrictions", précisant que "des différences sont régulièrement repérées entre les avis de l'agence et les décisions" de la DGAL.

NON CONFORMES AUX EXIGENCES DE LA LÉGISLATION EN VIGUEUR

Pour preuve, le directeur général de l'Anses joint à son courrier trois listes "qui n'ont pas la prétention d'être exhaustives", mais qui rassemblent tout de même quelque 200 produits pour lesquels "des différences et anomalies ont été repérées dans ce cadre".

A la date de l'examen, par les services de l'Anses, de la base de données des produits phytosanitaires autorisés – soit le 16 août 2012 –, plusieurs dizaines de pesticides étaient autorisées en France, en contravention avec les avis de l'agence nationale. "De très nombreux pesticides restent autorisés alors qu'ils devraient, selon l'Anses, être interdits, car non conformes aux exigences de la législation en vigueur", s'insurge Générations futures.

D'un strict point de vue réglementaire, la DGAL n'est pas tenue de se conformer aux avis de l'Anses. Le grand nombre d'écarts relevés est cependant suffisamment anormal pour avoir suscité la réaction de l'agence sanitaire.

La plupart des risques ignorés par la DGAL concernent l'environnement, mais une demi-douzaine de produits épinglés présentent, selon les évaluations même de l'Anses, des risques sanitaires pour l'utilisateur, qu'il soit jardinier amateur ou employé agricole.

La situation a évolué depuis août 2012, fait-on valoir à la DGAL, et certains produits ont été mis en conformité avec les avis de l'Anses. Combien ? La DGAL ne peut, dans l'immédiat, le préciser. Elle ajoute que certaines anomalies peuvent être expliquées par des défauts de mise à jour de la base de données du ministère, ou encore par des agendas français et européens décalés. "Avant de tenir compte d'un avis de l'Anses, il faut parfois attendre certaines réévaluations en cours au niveau européen", plaide-t-on à la DGAL. C'est en effet à l'échelon communautaire que les molécules actives sont évaluées, les mélanges commerciaux étant ensuite évalués ou réévalués, puis autorisés ou interdits par chaque Etat membre.

Ces explications ne permettent cependant pas d'expliquer l'ensemble des dysfonctionnements mis au jour. Générations futures a annoncé son intention de former un recours pour "carence fautive de l'Etat" et de saisir une juridiction administrative pour obtenir le retrait des autorisations délivrées aux pesticides concernés.

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sur le même sujet, lu dans le Canard enchaîné de cette semaine et voir :

Flazasulfuron - Wikipédia

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20/04/2013

Étude épidémiologique sur le Distilbène : recherche de volontaires

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/04/18/distilbene-une-etude-epidemiologique-en-france_3162105_1650684.html

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Distilbène : une étude épidémiologique en France

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 18.04.2013 à 16h13

Pascale Santi

Les filles exposées au Distilbène dans le ventre de leur mère présentent-elles un risque accru de cancer du sein ? C'est l'une des questions auxquelles doit répondre la première étude épidémiologique française sur les effets de cet oestrogène de synthèse. Le DES (pour diéthylsilboestrol) a été prescrit aux femmes enceintes entre 1948 et 1977 pour éviter les fausses couches. Il s'est révélé délétère pour les enfants à naître et leur descendance.

L'étude "Santé publique, quelles conséquences du Distilbène" est pilotée par l'association DES France et la Mutualité française et financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé à hauteur de 40 000 euros.

En France, 200 000 femmes enceintes ont pris du Distilbène et environ 160 000 enfants sont nés de ces grossesses. L'apparition alarmante, dès 1971, de cas de cancers du vagin et du col utérin chez des jeunes femmes de 14 à 22 ans dont la mère avait pris du Distilbène (les "filles DES") avait conduit les Etats-Unis à l'interdire. Il a été contre-indiqué chez la femme enceinte en 1977.

Parmi les effets nocifs chez les "filles DES" figurent des malformations congénitales, des difficultés de reproduction, des ménopauses précoces et des cancers du col de l'utérus ou du vagin.

L'incidence sur le cancer du sein est moins connue. Le débat sur le risque cancérigène du Distilbène pour la deuxième génération avait été relancé avec la mise en évidence de la toxicité du bisphénol A, molécule voisine ("Science & techno" du 13 avril). Une étude américaine de 2006 a montré que le risque de cancer du sein était multiplié par 1,91 chez les femmes de plus de 40 ans exposées dans le ventre de leur mère au Distilbène. Cette étude portait sur deux groupes comparables de 3 812 femmes exposées et 1 637 témoins, de 1978 à 2003.

EFFET DOSE

"En 2010, une étude néerlandaise ne retrouve pas cette augmentation de risque, peut-être en raison de doses administrées inférieures", indique le professeur Michel Tournaire, ancien chef de service à la maternité Saint-Vincent-de-Paul, conseiller médical du réseau DES France.

En revanche, l'effet perturbateur endocrinien de l'hormone, lui, dépend plus largement de la date d'administration pendant la grossesse, au moment de la formation des organes génitaux du bébé, note-t-il. L'étude doit caractériser ce lien. Elle permettra aussi d'étudier ses conséquences sur trois générations concernées à ce jour : les mères, les filles et fils exposés in utero et les petits-enfants. Une étude menée par l'équipe du professeur Charles Sultan (CHU de Montpellier et Inserm) auprès de 529 familles publiée dans la revue Fertility and Sterility en avril 2011 avait montré cet effet transgénérationnel. Chez les garçons, ces malformations consistent surtout en une anomalie du pénis, appelée "hypospadias", où l'extrémité du canal urinaire n'est pas à sa place normale.

Marraine du réseau DES France, l'écrivaine Marie Darrieussecq, elle-même "fille DES" et mère de trois enfants, déplore la difficulté d'avoir des informations et "la flopée de médecins qui sont encore dans le déni alors que l'utérus mal formé, ça se voit à l'échographie".

Un vaste appel a été lancé pour trouver des volontaires, tant dans les familles touchées par le Distilbène que chez des femmes âgées de 36 à 63 ans non concernées pour constituer un groupe de comparaison (témoin).

Le questionnaire peut être téléchargé sur Des-etude3generations.org.

16/02/2013

Les médicaments se retrouvant dans les eaux usées affectent les poissons

les surlignages sont de moi

lu sur :

http://www.nytimes.com/2013/02/15/science/traces-of-anxiety-drug-may-affect-fish-behavior-study-shows.html?ref=science&pagewanted=print

 
The New York Times
 

 


February 14, 2013
 

Traces of Anxiety Drug May Affect Behavior in Fish

Traces of a common psychiatric medication that winds up in rivers and streams may affect fish behavior and feeding patterns, according to a study in the journal Science published Thursday.

Researchers in Sweden exposed wild European perch to water with different concentrations of Oxazepam, an anti-anxiety medication that can show up in waterways after being flushed, excreted or discarded.

Researchers reported that fish exposed to Oxazepam became less social, more active and ate faster, behaviors they said could have long-term consequences for aquatic ecosystems.

Scientists who study pharmaceuticals in waterways said the research was intriguing because it examined the potential effect on animals of a specific medication intended to affect human behavior.

“It seems to be a solid study with an environmentally relevant species,” said Donald Tillitt, an environmental toxicologist with the United States Geological Survey, who was not involved in the study. He said it made sense that a medication that binds with a certain brain receptor in people could act similarly in fish, and the measures of behavior — activity, sociability, boldness and feeding rate — “are all important ones that we like to look at when we’re trying to see the environmental effects of pharmaceuticals.”

Still, because even the lowest concentration of Oxazepam in the study was higher than that found in a Swedish waterway that researchers tested, “the relevance of their study to the real world is unclear,” the United States Environmental Protection Agency said in written answers to questions.

The agency said that while “most pharmaceuticals do not seem to pose known risks to humans, animals or the rest of the ecosystem” at the levels they occur in the environment, there are some medications “for which some researchers have noted physiological effects in fish exposed to levels close to those occasionally reached in the environment. These include some ingredients used for contraception, hypertension and mood disorders.”

The agency said how often this occurs and the possible environmental repercussions are unknown.

The study joins a small but growing body of research exploring the possible environmental impact of chemicals in pharmaceuticals, cosmetics and other products. Many of these chemicals are not removed by wastewater treatment plants, which are intended to remove bacteria and nutrients, experts said.

The topic is difficult to study partly because concentrations of chemicals in waterways can vary with season, hour and distance from treatment plants, and other medications in water may influence a chemical’s effects.

The United States Geological Survey has found “intersex fish,” or male fish that develop female sexual characteristics, in the Potomac River and its tributaries, raising questions about whether hormone residues might be responsible. A study in the journal Environmental Science and Technology found antidepressants like Prozac and Zoloft in the brains of fish collected downstream from wastewater discharge in Colorado and Iowa. But some antidepressants that were more common in those waterways, including Zyban and Citalopram, were not found as frequently in the fish.

In the Swedish study, researchers first tested perch in the wastewater-treated Fyris River, near the city of Uppsala, and found their muscle tissue contained six times the river’s concentration of Oxazepam, said Tomas Brodin, the lead author and an assistant professor of ecology at Umea University.

Researchers then took baby fish hatched from the roe of wild perch in what they considered a drug-free waterway, and divided them into three groups of 25. One group had no exposure to Oxazepam; the other two were placed in water with what researchers called a low concentration, at three times higher than the Fyris River, or an extremely high concentration, at 1,500 times higher.

The more Oxazepam they ingested the more active the fish were, measured by the number of swimming motions in a 10-minute period. They were also less social, spending less time near a section of the tank with other fish and more time near an empty compartment. And they were quicker to grab and eat zooplankton. At the highest Oxazepam concentration, fish were also bolder, measured by how long it took them to leave a box in the tank and explore new territory.

“Basically, no one left the box before they were subjected to the drug,” said Dr. Brodin, who said he saw the difference when he entered the room each day. The non-exposed fish “were hiding basically,” while the others “were out there, greeting me. They were totally different fish.”

In a statement, Matthew Bennett, senior vice president of the Pharmaceutical Research and Manufacturers of America, said the study yielded “somewhat expected results” because of its higher-than-natural concentrations. He said the behavioral changes were small, and the study methods contradicted “widely accepted protocols that determine how the low levels of Oxazepam found in the environment accumulate in fish. The environmental relevance and potential for long-term impact from this drug, which has been in use for decades, are therefore debatable.”

Joel A. Tickner, an environmental scientist at the University of Massachusetts Lowell, who was not involved in the research, said he considered the study significant. “These effects may be very subtle,” he said, but “what they’re finding is it’s biologically relevant.”

Dr. Brodin said the implications were unclear for perch, which might benefit from Oxazepam exposure by becoming more efficient eaters or be disadvantaged because enhanced risk-taking behavior might increase their vulnerability to predators. Zooplankton, algae and other organisms could also be affected by changes in fish behavior, he said.

Dr. Tillitt, the toxicologist with the United States Geological Survey, said, “We’re smart enough and we should be able to design chemicals that fulfill these same sorts of functions but with less stress on the environment.”

09/02/2013

il FAUT changer !

les surlignags sont de moi

lu sur :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html

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Notre civilisation pourrait-elle s'effondrer ? Personne ne veut y croire

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h51

Par Stéphane Foucart

Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?" C'est donc le titre que le célèbre biologiste américain a choisi pour la longue tribune qu'il a rédigée à l'invitation de la plus vénérable des académies des sciences et qui vient d'être publiée dans Proceedings of the Royal Society B - l'une des revues qu'elle édite. Hélas ! Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

 

Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET ACIDIFICATION DES OCÉANS

La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

Ces problèmes sont connus. Ils sont au centre d'une somme considérable de travaux de recherche ; ils ont tous en commun d'affecter les écosystèmes et, en conséquence, de menacer les services qu'ils offrent gracieusement aux économies. C'est-à-dire aux hommes. La liste qu'égrènent Anne et Paul Ehrlich est longue. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

"Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention, se souvient James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis, et membre de l'Académie des sciences américaine. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

"VERS DE PLUS VASTES FAMINES"

De fait, le biologiste augurait de vastes famines dans les années 1990 - elles n'ont pas eu lieu. "Ce qui est souvent décrit comme des prévisions "fausses" n'était que des scénarios, clairement présentés comme des histoires qui devaient aider à penser le futur et dont certaines ne se réaliseraient pas, répond Paul Ehrlich. Mais la principale erreur du livre est de sous-estimer la vitesse à laquelle la "révolution verte" [modernisation des techniques agricoles] s'est propagée dans les pays pauvres. Cela a sauvé beaucoup de vies, mais nous a aussi mis sur les rails où nous sommes désormais, vers de plus vastes famines."

L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. Cette crainte, rétorquent les détracteurs du néomalthusianisme, ne serait qu'une vieille lune puisant dans un millénarisme irrationnel, remontant à bien avant Thomas Malthus (1766-1834) lui-même. On trouve, de fait, trace de cette préoccupation aux toutes premières heures de l'Histoire. Le plus ancien texte de l'humanité, L'Epopée de Gilgamesh, le célèbre conte mésopotamien dont la composition remonte à la fin du IIIe millénaire avant notre ère, ne met-il pas en scène un aréopage de divinités décidées à punir l'humanité pour sa propension à la multitude ?

"La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

DÉCLIN DE LA PÊCHE MONDIALE

"Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

Au chapitre des courbes qui plafonnent, celle de la production pétrolière n'est pas la moindre. Entre 2004 et 2011, malgré une demande explosive, elle a stagné, selon la BP Statistical Review of World Energy, entre 80 et 83 millions de barils par jour... Et ce, en comptant les ressources non conventionnelles (huile de schiste, sables bitumineux, etc.). "La "bombe" et les "limites", commente James Brown en référence à l'ouvrage de Paul Ehrlich et au rapport du Club de Rome, deviennent probablement une réalité en ce moment même."

LE REVIREMENT DE LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE 

Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

DES ÉTUDES LARGEMENT IGNORÉES

Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

Au sein de l'establishment scientifique, les idées du biologiste américain commencent donc à faire leur chemin. Il suffit, pour s'en rendre compte, de relever le nombre de fois que The Population Bomb est cité dans la littérature scientifique. Entre 1968 et 1995, il n'y est fait référence que deux fois. Autant dire que l'ouvrage, malgré son succès auprès du public, est poliment ignoré. Mais dans la décennie suivante, entre 1995 et 2005, il est cité de dix à vingt fois par an, puis de vingt à quarante fois par an depuis 2005.

Pourtant, si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

UNE CONNAISSANCE CONFINÉE À UN PETIT NOMBRE 

Les médias, eux aussi, sont souvent réticents à traiter pleinement ces sujets, souvent jugés trop anxiogènes. La connaissance accumulée sur l'état de tension entre le système technique humain et la biosphère demeure ainsi confinée à un petit nombre de spécialistes. "Certains essayent [de communiquer], mais les scientifiques ne sont pas formés pour parler au public et les normes de la science et la discipline de la pratique scientifique militent contre le fait d'aller vers le public, explique Paul Ehrlich. Mais plusieurs d'entre nous, tous des ''vieux briscards'', s'engagent : James Hansen, le plus titré des climatologues fédéraux [directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA], a même été incarcéré pour avoir manifesté contre la construction d'une centrale à charbon."

L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. Une grande part des communautés scientifiques et techniques investies dans la recherche et le développement sont aussi toujours rétives à l'idée d'une finitude du monde. "Je le vois dans mes conférences : il y a encore un déni incroyable à propos de notre situation, relève Gilles Boeuf. Parfois, ce sont même des scientifiques qui me disent : "On ne croit pas à ce que vous dites" !"

LA FRANCE, CHAMPIONNE DU DÉNI

Sur le terrain du déni, la France occupe une place à part. D'abord, ingénieurs et scientifiques passent souvent par des formations communes. Ensuite, la langue française a mis dans le même mot - "écologie" - une science et un mouvement politique. Du coup, les faits scientifiques qui relèvent de la première sont sans cesse relativisés et discutés comme le seraient les postures idéologiques du second. "Nous avons un vrai problème avec ça, confie Gilles BoeufNous ne sommes pas écologistes, nous sommes écologues !" Il ne faut pas sous-estimer la force de la confusion des mots. La France est par exemple le dernier pays dont l'Académie des sciences, en dépit des textes internationaux qu'elle a signés, estime incertaine l'origine anthropique du changement climatique...

Or, lorsqu'un problème environnemental semble très incertain, il n'y a nulle raison de chercher à le résoudre. Surtout si sa résolution demande des efforts colossaux. Le sera-t-il jamais ? Au terme de leur longue tribune dans Proceedings of the Royal Society B, Paul et Anne Ehrlich répondent, de manière étonnante, oui : "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. 

 

Lire aussi : Changement climatique : près de soixante études par jour (ci dessous)

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"L'HOMME PEUT-IL S'ADAPTER À LUI-MÊME ?"

collectif, dirigé par Gilles Boeuf, Bernard Swynghedauw et Jean-François Toussaint, (Quae éditions, 2012).

"L'ÉCOLOGIE POUR LES NULS"

de Franck Courchamp (Editions générales First, 2009).

SUR LE WEB

"CAN A COLLAPSE

OF GLOBAL CIVILIZATION BE AVOIDED ?"

Article en anglais de Anne et Paul Ehrlich disponible sur le site de la revue Proceedings of the Royal Society B www. royalsocietypublishing.org

MILLENNIUM ALLIANCE FOR HUMANITY AND THE BIOSPHERE

Une initiative imaginée par Anne et Paul Ehrlich http://mahb.stanford.edu

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Changement climatique : près de soixante études par jour 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/changement-climatique-pres-de-soixante-etudes-par-jour_1828674_3246.html

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LE MONDE CULTURE ET IDEES | 07.02.2013 à 14h24 • Mis à jour le 07.02.2013 à 17h42

Par Stéphane Foucart

Vouloir rendre compte de la recherche sur le changement climatique est à la fois impossible et déprimant. Déprimant parce que la majorité des études publiées dressent un tableau assez sombre de l'avenir prévisible. Impossible parce que l'activité scientifique sur le sujet a pris, ces dernières années, une dimension gigantesque. Ce dont, de toute évidence, l'opinion n'a pas la moindre idée. "Le grand public ne sait pas bien ce que les scientifiques font, ni le rôle que joue la science dans la société", constate l'écologue James Brown, professeur à l'université du Nouveau-Mexique et membre de l'Académie des sciences américaine.

En cherchant dans une base de données de la littérature scientifique - par exemple Scopus, tenue par l'éditeur Elsevier - les articles de recherche contenant les termes "changement climatique" (climate change) ou "réchauffement global" (global warming) dans leur titre, leur résumé ou leurs mots-clés, il est possible de se faire un avis assez précis sur ce décalage. Au milieu des années 1970, l'ensemble des revues scientifiques publiait environ une dizaine d'articles par an sur le sujet. Dix ans plus tard, on en compte une cinquantaine. Encore dix ans de plus - au milieu des années 1990 - et nous en sommes à environ un millier publiés chaque année...

DES SCIENTIFIQUES ANXIEUX

Aujourd'hui, celui qui s'intéresse au réchauffement sous tous ses aspects scientifiques est confronté à une sorte de tsunami de travaux académiques dans lesquels la dimension climatique intervient sous une forme ou une autre. En 2012, les revues savantes ont donné l'onction d'une publication à 15 125 études de ce genre.

Ce qui représente une moyenne de près de soixante travaux de recherche publiés par jour ouvré... Dans cette masse d'études, il est aussi possible de chercher si, par exemple, la notion de perturbation climatique est, ou non, associée de manière croissante au terme "effondrement" (collapse) - que ce soit celui d'une société, d'une calotte de glace, d'un écosystème, d'une pêcherie... Les travaux associant des changements climatiques à ces bouleversements brutaux et périlleux que sont les "effondrements" sont aussi de plus en plus nombreux.

On en comptait moins de dix par an jusqu'à la fin des années 1990 ; une vingtaine entre 2000 et 2003 ; une quarantaine entre 2004 et 2006... En 2012, près d'une centaine ont été publiés. Si l'on fait de cette association (changement climatique et effondrements) une manière d'indice d'anxiété de la communauté scientifique sur les répercussions du changement climatique, alors cet indice a décuplé au cours des vingt dernières années.

04/01/2013

Narbonne, port majeur de l'antiquité

lu sur :

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/03/narbonne-reliee-a-la-mediterranee-par-une-voie-romaine-marine_1812617_1650684.html

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Narbonne, reliée à la Méditerranée par une voie romaine marine

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.01.2013 à 14h35 • Mis à jour le 03.01.2013 à 18h40 Par Viviane Thivent

En trois foulées rapides, une touriste quitte l'Antiquité et les pierres patinées de l'ancienne voie romaine pour rejoindre quelques marches plus haut le présent, l'extravagante mairie de Narbonne - et son compagnon. "On a vu tous les monuments romains ?", demande-t-elle. L'homme jette un coup d'oeil au plan de la petite ville, située entre Perpignan et Montpellier. "Les caves antiques, et maintenant la Via Domitia... Oui, pour l'Antiquité, il ne reste plus que les musées à faire", répond-t-il. Moues désappointées des deux parties.

Tel est le paradoxe de Narbonne. Celle qui a été en 118 avant J.-C. la première colonie romaine construite hors d'Italie et que les offices du tourisme du Languedoc-Roussillon surnomment à ce titre "la romaine", celle que les auteurs antiques comme Strabon ou Ausone présentent comme une ville à l'architecture époustouflante, rivalisant avec celle de Rome, et comme l'un des ports les plus importants de l'Antiquité, eh bien celle-là ne possède plus un seul édifice romain. Ni arène, ni capitole, ni temple, ni port. Même la mer y brille par son absence. De quoi laisser les archéologues aussi perplexes que les touristes. Comment une ville sans mer a-t-elle pu être un port majeur de l'Antiquité ?

PORT INTERMÉDIAIRE

Pour répondre à cette question, en 2005, Marie-Pierre Jézégou, du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), et Corinne Sanchez, de l'équipe Archéologie des sociétés méditerranéennes du CNRS, entament des recherches au sud de Narbonne, en bordure de lagunes séparant la terre de la mer. "Dès 1914, l'archéologue Henri Rouzaud a émis l'hypothèse d'un avant-port, explique Corinne Sanchez. Pour lui, les bateaux déchargeaient leurs cargaisons dans un port intermédiaire situé en dehors de la ville, sur le bord des étangs. Transférées sur des bateaux à faible tirant d'eau, les marchandises partaient ensuite par le fleuve Aude vers Narbonne, et au-delà vers la face atlantique de la Gaule et de l'Europe."

Henri Rouzaud positionne une de ces zones de transit à Port-la-Nautique, entre autres parce qu'au début du siècle, nombre de céramiques sigillées sont trouvées sur place. Dans les années 1970, des fouilles subaquatiques révèlent la présence d'amphores et de vaisselles et confirment l'hypothèse. Port-la-Nautique a bien été un avant-port. "Du moins entre 30 avant J.-C. et 70 après J.-C., continue Nicolas Carayon, archéologue spécialiste du secteur. Car, au premier siècle de notre ère, le site a cessé de fonctionner." Et ce, alors que l'activité portuaire de Narbonne s'est, dans le même temps, développée. Mais comment ?

ALIGNEMENT DE GRANDS BLOCS

En fouillant dans les archives, les chercheurs relèvent qu'en 1914, un alignement de grands blocs a été repéré au Castelou, à 6 kilomètres du centre-ville de Narbonne. "La position de ces vestiges restait néanmoins incertaine, explique Vivien Mathé, de l'université de La Rochelle. En 2007, nous avons donc entrepris des prospections géophysiques afin de repérer dans le sous-sol marécageux du secteur des structures en pierre... Et nous les avons tout de suite trouvées." Là, à moins d'un mètre sous leurs pieds, deux structures rectilignes quasi parallèles, longues de 2 kilomètres, larges de 15 mètres et espacées de 50 à 80 mètres. "Un chenal monumental, explique Corinne Sanchez. Rarement une construction romaine a atteint une telle ampleur. Plusieurs gros bateaux pouvaient y entrer en même temps."

La découverte est d'importance, suffisamment en tout cas pour que la région Languedoc-Roussillon, le CNRS et le ministère de la culture décident de financer des recherches sur quatre ans. En 2010, les archéologues s'installent au Castelou.

"Comme les vestiges se trouvaient en zones humides, il nous a fallu mettre en place des stratégies de pompage pour empêcher l'eau d'envahir les parcelles fouillées", explique Corinne Sanchez. Mais si la présence d'eau complique beaucoup les recherches, elle a aussi permis de conserver les structures en bois de l'ouvrage, ce qui est assez exceptionnel. De quoi mieux comprendre les techniques de construction romaines dans les milieux marécageux. Mais ce n'est pas tout.

BÂTIMENTS ANTIQUES

Car, en décortiquant les berges de ce canal, les chercheurs mettent au jour des débris de bâtiments antiques. "Les Romains recyclent souvent les ruines pour construire d'autres ouvrages, c'est assez classique, commente Corinne Sanchez. Mais nous ne nous attendions pas à cela." Car, en 2011, les archéologues tombent sur des bouts de colonnes de 1,50 mètre de diamètre, sur du marbre de Carrare ou des morceaux de sculptures gigantesques. Les restes du capitole de Narbonne, un édifice majeur qui, d'après les textes antiques, faisait 118 mètres de long et qui, au Ve siècle, aurait servi de palais au roi des Wisigoths. "Les réparations du chenal se sont faites par tronçons, reprend la chercheuse. Du coup, sur un même secteur de fouilles, nous n'avions les restes que d'un seul bâtiment." De quoi se faire une meilleure idée de l'architecture passée de Narbonne. Une idée qui restera néanmoins partielle, car il n'est pas question de fouiller l'intégralité du chenal. L'ouvrage est trop imposant.

D'après les chercheurs, ce chenal, dont les berges ont servi d'aires de déchargement, a été utilisé entre le IIe et le Ve siècle après J.-C. ; il aurait donc pris le relais de Port-la-Nautique. "Ce déplacement reste inexpliqué, continue Nicolas Carayon, responsable des fouilles à Port-la-Nautique. L'abandon du site initial pourrait être lié à un problème d'envasement mais aussi à un problème politique. Il semble en effet que ce premier port ait appartenu à une personnalité richissime... peut-être gênante pour Rome." A ce stade, néanmoins, impossible de répondre à cette question, ni de dire ce qu'il est advenu après le Ve siècle.

Car, si le chenal du Castelou a été abandonné, l'activité portuaire de Narbonne s'est, elle, maintenue jusqu'au XVe siècle. "Enfin, il est rare qu'une ville romaine soit aussi méticuleusement démontée, comme si l'on s'était acharné sur son cas, conclut Corinne Sanchez. Peut-être est-ce parce que les monuments romains ont servi, plus tôt qu'ailleurs, de carrière ? Mais il est tout aussi possible que Narbonne, en tant que symbole de Rome, ait été sciemment détruite."

A lire aussi: Des banquets au centre d'un vivier

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/01/03/des-banquets-au-centre-d-un-vivier_1812618_1650684.html

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 03.01.2013 à 14h35 • Mis à jour le 03.01.2013 à 17h07 Par V. T.

Trop rond pour être naturel, le lac de Capelle, à Port-la-Nautique, a rapidement attiré l'attention des chercheurs. "Au début, nous avons pensé qu'il s'agissait d'un port creusé comme il en existait à Carthage, explique Nicolas Carayon, responsable des recherches sur ce secteur. Mais, dès les premières fouilles, nous avons compris que nous faisions fausse route." Car cette grande structure circulaire, de 80 mètres de diamètre, ne gardait pas des bateaux... mais des poissons. "Il s'agissait d'un gigantesque vivier au centre duquel se trouvait un lieu de banquet : le triclinium."

Pour le rejoindre et festoyer, les convives empruntaient des petites embarcations. En lieu et place du triclinium, les chercheurs ont découvert des céramiques, des monnaies, des graines, des os d'animaux et bien sûr des arêtes. "On savait que les Romains pouvaient construire de tels viviers dans des sites jugés spectaculaires de par la beauté des paysages, reprend Corinne Sanchez. Néanmoins les dimensions de celui-ci sont anormalement grandes." Avec 3 300 m2, le vivier de Port-la-Nautique est en effet trois fois plus grand que celui découvert à ce jour et qui appartenait à la mère de l'empereur Tibère.

De plus, les études géophysiques effectuées en périphérie suggèrent que ce vivier était adossé à une villa non moins imposante, longue peut-être de 300 mètres. "Ceci laisse à penser que cet ensemble appartenait à une personnalité, reprend Nicolas Carayon, peut-être le gouverneur de la province de la Narbonnaise, qui couvrait alors tout le sud de la France." A ce stade, néanmoins, les chercheurs n'ont trouvé aucun indice permettant d'identifier l'énigmatique propriétaire des lieux.

 

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06/12/2012

Les lagunes de la Méditerranée : des écosystèmes menacés

à lire :

Un apaisant lacis d’étangs, sansouires, roselières, fourrés halophiles. En Camargue, près d’Arles (Bouches-du-Rhône), le cœur des scientifiques du centre de recherche de la tour du Valat bat pour ces fragiles univers qui les entourent. Tout près, s’anime doucement...

lagunes méditerranée.pdf

17/09/2012

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale

Il va falloir sortir de cette Union Européenne ou la réformer !

lu sur :

http://www.merid.org/fr-FR/Content/News_Services/Food_Security_and_AgBiotech_News/Articles/2012/Sep/07/EU.aspx 

Les OGM approuvés par l’UE ne sont pas soumis à l’approbation nationale, décide la Cour 
Résumé posté par Meridian le 9/10/2012
Source: Bloomberg (6 septembre 2012)
Auteur(s): Rudy Ruitenberg
La Cour de Justice européenne a rendu cette semaine un arrêt indiquant que la mise en culture de plantes génétiquement modifiées telles que les variétés de maïs MON 810 de la compagnie Monsanto ne peut pas être soumise aux procédures nationales d’autorisation par des pays spécifiques de l’Union européenne (UE), lorsque le bloc dans son ensemble en a approuvé l’utilisation et la commercialisation. Selon l’arrêt de la cour, l’absence de règles nationales pour assurer la coexistence entre les cultures modifiées, organiques et conventionnelles ne donne pas droit à un Etat membre d’interdire la culture de plantes biotechnologiques de manière générale. L’arrêt a été rendu dans le différend opposant Pioneer Hi Bred Italia Srl et le ministère italien de l’Agriculture. L’Italie avait refusé d’examiner une demande de Pioneer pour cultiver des hybrides de maïs génétiquement modifié déjà inscrits au catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’UE. Ce pays est le deuxième plus grand producteur de maïs de l’UE, derrière la France. 

voir :

Growing genetically-modified crops such as varieties of Monsanto Co. (MON)’s MON 810 corn can’t be subject to national authorization procedures by European Union countries when the bloc has approved their use and marketing, the European Court of Justice wrote in a ruling today.

The lack of national rules to ensure so-called co-existence between modified, organic and conventional crops doesn’t entitle an EU member state to prohibit cultivation of biotech crops in a general manner, the court wrote.

The court ruled in a dispute between Pioneer Hi Bred Italia Srl and Italy’s agriculture ministry. The ministry had said it couldn’t consider a Pioneer application to grow genetically modified corn hybrids derived from MON 810 already included in the EU common catalogue of agricultural plant species, according to the ruling.

Italy is the EU’s second-largest corn grower. France, the bloc’s largest producer of the grain, in March temporarily banned growing of Monsanto’s insect-resistant MON 810 corn, citing scientific studies it said showed growing the corn variety poses risks to the environment. 

26/06/2012

Pour un droit de non-réception des messages publicitaires !

lu sur :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/06/26/la-publicite-peut-avoir-des-effets-nocifs-sur-la-societe_1724489_3232.html

La publicité peut avoir des effets nocifs sur la société

Procès des Déboulonneurs de pub : et la liberté de (non) réception ?

Le Monde.fr | 26.06.2012 à 12h40 • Mis à jour le 26.06.2012 à 12h40

Par Guillaume Dumas, Mehdi Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth, chercheurs en sciences cognitives et sociales

"Il serait inique que des barbouilleurs animés par un esprit civique de dépollution des images soient poursuivis et condamnés, alors que tant  d'ignominies dues à la recherche du profit maximum sont tolérées." Edgar Morin.

Le 3 avril, huit personnes du collectif "les Déboulonneurs" comparaissaient à la chambre d'appel correctionnelle de Paris pour avoir barbouillé des panneaux publicitaires. Lors du procès, le réquisitoire du procureur a largement reposé sur l'argument d'une atteinte à la liberté d'expression des annonceurs. Le jugement devant être rendu mardi 26 juin, il nous est apparu urgent de rappeler les éléments montrant que la publicité, par ses mécanismes mêmes, porte atteinte à certaines libertés de l'individu et qu'elle peut avoir des effets nocifs sur la société en termes de santé publique (surcharge cognitive, stress, obésité...). 

Les sciences cognitives et sociales (neurosciences, psychologie et sociologie notamment), disciplines dont nous relevons, tendent à montrer que la publicité biaise nos comportements les plus automatiques, y compris de façon inconsciente. Et si l'émergence des techniques d'exploration du cerveau nous permettent de mieux comprendre ces mécanismes, nous voulons montrer ici que ces nouvelles connaissances et leur appropriation par le domaine publicitaire (en particulier via le neuromarketing) requièrent un débat le plus large possible sur la présence de la publicité dans l'espace public.

INFLUENCE DE LA PUBLICITÉ SUR NOTRE COMPORTEMENT ET NOTRE CERVEAU

Rappelons tout d'abord l'origine historique de la publicité. Le premier grand saut technique s'opère au début du XXe siècle, en passant d'une simple répétition mécanique du message à une méthodologie élaborée de persuasion des masses. L'un des principaux pionniers de cette "manufacture du consentement" s'appelle Edward Bernays et n'est autre  que le neveu de Freud. Il décide d'utiliser les découvertes de la psychanalyse pour parvenir à une "manipulation consciente, intelligente des opinions et des habitudes" par des "chefs invisibles" (The Century of the Self, 2002). L'exemple le plus frappant de cette nouvelle démarche publicitaire est la  diffusion dans la presse de photos de jeunes femmes belles, modernes et indépendantes, fumant des cigarettes appelées "torches de la liberté". En incitant les femmes à fumer à une époque où ce comportement était réprouvé, Bernays se vanta d'avoir doublé la taille du marché potentiel de l'industrie du tabac !

Grâce à l'imagerie cérébrale, les neuroscientifiques ont récemment commencé à s'intéresser à l'effet de l'image de marque d'un produit sur nos cerveaux. Dans ce contexte, on se focalise sur le système de récompense, un ensemble de régions du cerveau évolutionnairement très ancien. Ce système fait interagir émotions et prises de décision de telle sorte que ces dernières échappent à la rationalité pure.Il se révèle aussi très sensible à certains signaux de notre environnement qui peuvent influencer nos comportements même quand ils ne sont pas perçus consciemment (ce dont on peut s'assurer en laboratoire).

partir de ces connaissances, une équipe de chercheurs américains a comparé l'activité cérébrale du système de récompense chez des individus invités à goûter deux marques de sodas. Lorsque le test se fait en aveugle, les deux marques de boissons sont autant appréciées l'une que l'autre et activent le système de récompense de façon équivalente. Par contre, lorsque les étiquettes sont rendues visibles, l'un des deux sodas active soudainement beaucoup plus le système de récompense et est préféré par la majorité. Cette étude fut la première à montrer par la mesure de l'activité cérébrale comment l'image de marque construite par la publicité peut biaiser les préférences des consommateurs.

Depuis lors, les études visant à mesurer ces préférences au moyen de l'imagerie cérébrale se sont multipliées sous la bannière de ce que l'on appelle le neuromarketing. Jusqu'à présent, cette approche a essentiellement cherché à calibrer le message publicitaire de façon à activer le plus possible le système de récompense. Bien que le neuromarketing  soit aujourd'hui vivement critiqué pour son absence de rigueur scientifique, il pourrait devenir, avec les progrès des neurosciences, un véritable outil d'ingénierie publicitaire.

ENJEUX SANITAIRES DE LA PUBLICITÉ À GRANDE ÉCHELLE

Le ciblage de notre système de récompense par la publicité doit aussi être considéré en termes de santé publique. On sait que le système de récompense est plus vulnérable chez certains individus. Les personnes souffrant d'obésité par exemple voient leur système de récompense activé de façon anormale par des images de nourriture ultra-calorique. La publicité exploite leur vulnérabilité et renforce leurs comportements de surconsommation. Les enfants ayant un système nerveux encore en développement sont aussi très sensibles à la publicité. Sur la base de multiples études issues des plus grands journaux médicaux, l'Agence de l'alimentation britannique demande, pour ces mêmes raisons, que "les enfants aient le droit de grandir à l'abri des pressions commerciales, lesquelles encouragent la consommation d'une nourriture trop riche, trop sucrée et trop salée qui fait courir un risque pour la santé actuelle et future des enfants".

Les estimations menées aux Etats-Unis montrent ainsi que l'obésité infantile pourrait être réduite de près d'un tiers en régulant mieux la publicité des produits alimentaires. Plus généralement, on sait maintenant que la dérégulation du système de récompense accompagne de nombreux troubles psychologiques et psychiatriques. Dans l'attente de travaux scientifiques évaluant l'effet de la publicité sur les populations à risque, il nous semble indispensable d'en appeler au principe de précaution pour réguler les messages commerciaux à destination de nos concitoyens les plus fragiles.

ENJEUX ÉTHIQUES DE LA PUBLICITÉ AU XXIE SIÈCLE

Tous ces éléments révèlent que ce qui est en jeu s'avère beaucoup plus complexe que la simple liberté d'expression invoquée pour le publicitaire. Or cette liberté-là ne va sans une autre liberté complémentaire de la première : la liberté de non-réception. Il s'agit de garantir à chaque citoyen le droit de choisir où et quand il souhaite accéder à de l'information publicitaire. Ceci pour lui permettre de se protéger de son influence ou simplement de se reposer de la surcharge d'information. Selon les estimations, les enfants sont exposés quotidiennement à plusieurs dizaines de spots publicitaires, voire plusieurs milliers aux Etats-Unis. Face à ce bombardement quotidien, la liberté de non-réception des citoyens doit être assurée, en particulier dans l'espace public. L'Etat se doit en effet d'y être le garant de la neutralité commerciale autant que de la sureté psychologique de tout un chacun.

Or, selon nous, les évolutions récentes sont inquiétantes. Par exemple, les usagers du métro parisien auront pu constater le remplacement progressif des affichages sur papier par de très larges écrans plats. Cette technologie exploite le fait que toute image en mouvement dans la périphérie du champ visuel capture automatiquement l'attention de l'individu. Cette réaction automatique, héritage de notre évolution au cours de laquelle le danger pouvait surgir sans prévenir, s'accompagne d'une augmentation du niveau d'alerte et de stress qui favorise la mémorisation du message. En outre, l'intégration dans ces écrans de capteurs mesurant l'intensité du regard peut transformer, à leur insu, les passants en cobayes d'expérimentation publicitaire à grande échelle.

Nous déplorons que les usagers des transports n'aient pas été consultés, ni même informés, de cette évolution qui touche directement leur environnement visuel et entraîne la collecte d'informations sur leur comportement. A cela s'ajoutent les dizaines de milliers d'enquêtes d'opinion que les régies publicitaires ont déjà accumulées (depuis leur apparition, dans les années 1960). Ce traçage prend aujourd'hui un essor sans précédent avec le développement des technologies numériques (puces RFID des badges en tout genre, GPS des smartphones, réseaux sociaux omniprésents, etc.). Aujourd'hui ce "temps de cerveau disponible", profilé et géolocalisé est vendu au prix fort par les afficheurs : la diffusion d'un message publicitaire est quantifiée en Occasion de voir (ODV), facturée à l'unité entre 0,1 et 0,7 euro.  Ainsi une personne vivant en Ile-de-France rapporte une cinquantaine d'euros par jour à l'industrie publicitaire, sans même le savoir.

En l'absence de débat citoyen, le politique cède trop facilement aux pressions des annonceurs et afficheurs, réclamant toujours moins d'entraves pour faire davantage de profits. Ainsi, loin d'en limiter la présence dans l'espace public, la loi du 12 juillet 2010 issue du Grenelle de l'environnement laisse place, selon le ministère lui-même, à "un développement important de secteurs comme ceux du micro-affichage, des bâches, des dispositifs innovants, des publicités sur aéroports ou gares [...], permettant d'envisager une progression de 10 à 30 % des chiffres d'affaires des entreprises investissant dans ces domaines d'activité".

SOLUTIONS ET ALTERNATIVES

Pourtant, réduire la place de la publicité dans l'espace public n'est pas une simple revendication idéaliste. En 2006, le conseil municipal de la ville de Sao Paulo a voté à une quasi-unanimité une loi "Ville propre" bannissant tout affichage publicitaire dans l'espace public. Cinq ans après son entrée en vigueur, un sondage montre que 70 % des résidents de Sao Paulo ont trouvé les effets de cette loi bénéfiques.

Devant les enjeux révélés par les dernières avancées scientifiques, nous souhaitons encourager toute démarche de régulation du système publicitaire actuel et en premier lieu dans l'espace public. En barbouillant des publicités, le collectif des Déboulonneurs a osé un acte de désobéissance civile afin d'être entendu par la collectivité et de pousser le politique à accepter une ré-ouverture du débat. A travers eux, c'est la liberté de non-réception des citoyens que nous devons défendre.

 

Guillaume Dumas est chercheur à la Florida Atlantic University ;

Mehdi Khamassi est chercheur au CNRS ;

Karim Ndiaye est chercheur à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière ;

Yves Jouffe est chercheur à l'université Paris-Est ;

Luc Foubert est docteur de l'Université Pierre et Marie Curie-Paris-VI ;

Camille Roth est chercheur au CNRS.

Les auteurs remercient Célya Gruson-Daniel pour son aide.

Guillaume Dumas, Mehdi Khamassi, Karim Ndiaye, Yves Jouffe, Luc Foubert et Camille Roth, chercheurs en sciences cognitives et sociales

25/06/2012

Sciences, pouvoirs, démocratie (24e colloque interdisciplinaire de Carcassonne)

communiqué:

Sciences, pouvoirs, démocratie (24e colloque interdisciplinaire de Carcassonne)

SCIENCESPOUVOIRSDEMOCRATIE


29, 30 juin et 1er  juillet 2012
XXIVème Colloque Interdisciplinaire  de Carcassonne

Organisé par
 
Le séminaire Interdisciplinaire
 de
 l’Université Paul Sabatier Toulouse – Rangueil
 
et par
 
l’ADREUC
(Association pour le Développement des Rencontres et des Echanges Universitaires et Culturels)

                     Adresse: Notre-Dame de l’Abbaye, 103, rue Trivalle à Carcassonne (au pied de la Cité Médiévale). Tél. : 04.68.25.16.65

Programme

Vendredi 29 juin
 
17 h 00  Bernadette BENSAUDE VINCENT, Présidente du Colloque : Professeure de philosophie des sciences et des techniques,  Université Paris I 
« Fast science ou slow science ? »
 
20h 30  Jacques TESTART : biologiste, pionnier de la procréation assistée, Président de « Sciences citoyennes »  
« Pourquoi et comment mettre la technoscience en démocratie ? ».
 
Samedi 30 juin
9 h 00  Jean-François SENGA : Professeur agrégé de sciences économiques.
« Et si notre dette était factice ? »
10 h 30 Patrick GATINES : Directeur de l’Observatoire Géopolitique des Réseaux d’influence.
« Stratégies d’influence et changement de régime politique »
15 h 00  Evelyne PERRIN : sociologue, membre du Conseil scientifique d’Attac France
« Banlieues : crise politique et expériences locales de résistance et d’agir »
16 h 30 Martine BOUDET : professeure agrégée de Lettres modernes, membre du Conseil scientifique d’Attac France
« Radiographie d’un quinquennat (étude anthropologique) »
20 h 30  René PASSET : Professeur émérite d’économie à l’Université Paris I Panthéon –Sorbonne,
              Président d’honneur du Conseil scientifique du mouvement ATTAC.
« La bioéconomie, un monde à réinventer »
 
Dimanche 1er juillet
9 h 30   Philippe SOLAL : Philosophe des sciences, enseignant-chercheur à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA)
             de Toulouse
« Peut-on réduire le divorce entre sciences et société ? »
11 h00  Table Ronde de fin de Colloque, présidée par Bernadette BENSAUDE VINCENT.
Un repas convivial, comme chaque année, clôturera nos travaux.

18/05/2012

Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde ...

lu sur :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/11/20/l-arbre-allie-de-taille_1605633_3244.html

L'arbre, allié de taille 

Sans lui, l'homme serait condamné, affirme le botaniste Francis Hallé. Enquête sur les multiples services que nous rend ce discret bienfaiteur trop souvent malmené.

Par Frédéric Joignot

Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques (Actes Sud). Prenons-le au mot. Par quel arbre commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785, à l'entrée du Jardin des plantes, à Paris. Les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, alors qu'il n'a jamais été taillé.

Car le platane vit très longtemps, comme beaucoup d'arbres. Il est même"potentiellement immortel", précise Francis Hallé : "Un homme est sénescent, c'est-à-dire programmé pour mourir. Pas un platane." Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l'arbre retrouve son génome juvénile. S'il n'était pas agressé par les accidents, les maladies ou les humains, le platane vivrait des siècles. "Quand on dit un platane centenaire, on parle d'un gamin en culotte courte", s'amuse le botaniste, qui connaît un olivier âgé de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin (Côte d'Azur).

Ajoutons que l'arbre crée des colonies. Sexué, il distribue des graines alentour, mais il étend aussi des racines à partir desquelles des descendants poussent. Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, des peupliers se renouvelant depuis 10 000 ans dans l'Utah, des crésotiers (Larrea)de 13 000 ans dans le désert de Mojave (sud de la Californie), et un houx royal de 43 000 ans s'étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. "L'histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d'un arbre. Cela devrait nous ramener à l'humilité", philosophe Francis Hallé. C'est sans doute le premier service que nous rend l'arbre.

L'autre prodige de l'arbre est de résoudre ses problèmes sans bouger. C'est un bon citoyen, décoratif, taiseux, économe, calme et courageux. Il se contente de peu - lumière, eau, oligoéléments - et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l'homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.

UN ÉPURATEUR D'ATMOSPHÈRE

Nous, humains, avec nos 2mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l'arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l'écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l'équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.

"Grâce à la photosynthèse, l'arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique ", estime Francis Hallé. Le platane de Buffon, comme tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l'effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l'arbre - bois, racines, feuillages, fruits... - est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l'arbre épure l'atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d'azote et de soufre, l'ozone... Ceux-ci sont dissous par l'eau intérieure, puis stockés dans le bois. C'est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l'air.

En même temps, l'arbre libère l'oxygène qui nous fait vivre, l'O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d'O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d'arbres pour oxygéner un homme. En plus, l'arbre humidifie et rafraîchit l'atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d'humidité de 50 %. L'agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l'humeur. Et l'arbre accueille nombre d'espèces utiles.

Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : "Nous ne voyons que la moitié d'un arbre. Nous n'imaginons pas l'activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours." C'est cette part secrète, souterraine, qui a décidé de la vocation de Pascal Cribier, à 18 ans. Il voulaitcomprendreplantermettre les mains dans la terre.

Devenu un artiste du jardin, il a exposé dans des galeries des blocs de racines noueuses. Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivrechampignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d'eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages. Ainsi, le jujubier de Libye, haut de 2 mètres, possède des racines de 60 mètres.

"L'homme ne saurait vivre sans l'arbre, et il le menace partout, s'étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n'est pas vraie..." Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d'humains.

Les enquêtes de l'ONU et du REDD - programme des Nations unies qui vise à réduire les émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des forêts - montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d'hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone.

A l'inverse, l'ONU estime que des plantations d'arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle. "J'ai plaqué mon chêne/Comme un saligaud", chantait Georges Brassens...

De l'aspirine au papier

Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l'huile d'olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d'un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l'aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.

La ville non plus. Octobre 2011 était le Mois international de l'arbre et de la forêt des villes. Ainsi en a décidé la FAO. Pourquoi protéger l'arbre citadin ? En 2030, 70 % de la population de la Terre vivra en ville. Il faudra la nourrir. Le monde rural n'y suffira pas. Déjà, l'agriculture urbaine et périurbaine existe dans les friches et bidonvilles. Les citadins pauvres plantent des arbres et des légumes pour senourrir. Depuis des années, la FAO leur procure assistance et crédits.

En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit deplanter 1 400 hectares d'arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : "L'arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l'énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine."Le jardinier écologiste Gilles Clément ajoute : "L'urbanisme jouit d'un grand prestige dans un monde assujetti au principe économique "quand le bâtiment va, tout va". Un jardinier penserait plutôt : "Quand le jardin va, tout va". Il faut nourrir le monde avant même de le loger."

L'économiste indien Pavan Sukhdev, codirecteur de la Deutsche Bank de Bombay, est une des têtes chercheuses des TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity. C'est lui qui, en octobre 2010, a chiffré les servicesrendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont laFrance vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d'enquêtes menées par cent experts, "les gros chiffres impressionnent", affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d'euros le coût du réchauffement. L'érosion de tous les écosystèmes terrestres - forêts, sols ou encore zones maritimes - nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année. "Cette invisibilité économique des écosystèmes, explique Pavan Sukhdev, a mené à la crise écologique."

En jardinier, Pascal Cribier s'inquiète de ces chiffres : "Un arbre est inestimable, ce qu'il nous apporte n'a pas de prix..."

À LIRE

"DU BON USAGE DES ARBRES. UN PLAIDOYER À L'ATTENTION DES ÉLUS ET DES ÉNARQUES

(Actes Sud, 2011, 14 €)

"ITINÉRAIRESD'UN JARDINIER"de Pascal Cribier (Xavier Barral, 2009)

28/03/2012

28 mars 2012 - Des hommes probables dans un monde incertain

communiqué :

http://www.montpellier.fr/3525-agora-des-savoirs-2011-201...

Ce soir, 28 mars 2012 au centre Rabelais à 20h30

Des hommes probables dans un monde incertain

Jacques Testart est biologiste, pionnier de la procréation assistée, directeur honoraire de recherches à l'Inserm, président de la Fondation Sciences Citoyennes. Il est notamment l'auteur de Des hommes probables (Le Seuil, 1999) et de Le vélo, le mur et le citoyen (éditions Belin, 2006).

La science a été longtemps source d'affirmations, même si elle se trompait parfois. Et la nature pouvait être considérée comme un environnement durablement stable malgré des crises de temps à autre (éruptions, épidémies...). Ainsi le monde des humains prétendait avancer sans trop d'angoisse vers un progrès paisible, linéaire, forcément un "mieux".
Nous avons découvert le plus facile : comment passer du gène à la protéine, des gamètes à l'enfant, des ressources fossiles à l'énergie pas chère, des éléments chimiques à la synthèse, etc. Et nous voici
dans le doute parce que la réalité nous accuse de simplisme et d'avoir nié la complexité dans la pensée comme dans l'action, aussi bien pour les mécanismes du vivant que pour les effets de nos activités sur l'environnement ou la croyance en la pérennité de ressources devenues indispensables. Les belles certitudes ont alors fait place aux aléas, qu'on mesure avec la statistique, aux facteurs de risque, à la
probabilité d'occurrence de tout événement. Ainsi nous évaluons la probabilité des risques naturels ou technologiques pour en déduire la précaution, nous sondons les risques de pathologies pour en faire de la
médecine prédictive... Mais nous usons de plus en plus de systèmes d'assurance car la probabilité n'est jamais sûre...
Pris dans ces loteries qui nourrissent de nouvelles industries, nul ne sait ce que nous deviendrons. Le moment que propose la technoscience est celui de l'homme probable dans un monde incertain.
Et après ?...
Seule la démocratie effective, celle qui peut libérer les intelligences, est susceptible de répondre aux situations d'incertitude sans céder aux intérêts particuliers.
En partenariat avec la Fondation Sciences Citoyennes

15/03/2012

28 mars 2012 - Agora des savoirs

communiqué :

http://www.montpellier.fr/3525-agora-des-savoirs-2011-2012.htm#par29243

28 mars 2012 - Des hommes probables dans un monde incertain

Jacques Testart est biologiste, pionnier de la procréation assistée, directeur honoraire de recherches à l'Inserm, président de la Fondation Sciences Citoyennes. Il est notamment l'auteur de Des hommes probables (Le Seuil, 1999) et de Le vélo, le mur et le citoyen (éditions Belin, 2006).

La science a été longtemps source d'affirmations, même si elle se trompait parfois. Et la nature pouvait être considérée comme un environnement durablement stable malgré des crises de temps à autre (éruptions, épidémies...). Ainsi le monde des humains prétendait avancer sans trop d'angoisse vers un progrès paisible, linéaire, forcément un "mieux".
Nous avons découvert le plus facile : comment passer du gène à la protéine, des gamètes à l'enfant, des ressources fossiles à l'énergie pas chère, des éléments chimiques à la synthèse, etc. Et nous voici
dans le doute parce que la réalité nous accuse de simplisme et d'avoir nié la complexité dans la pensée comme dans l'action, aussi bien pour les mécanismes du vivant que pour les effets de nos activités sur l'environnement ou la croyance en la pérennité de ressources devenues indispensables. Les belles certitudes ont alors fait place aux aléas, qu'on mesure avec la statistique, aux facteurs de risque, à la
probabilité d'occurrence de tout événement. Ainsi nous évaluons la probabilité des risques naturels ou technologiques pour en déduire la précaution, nous sondons les risques de pathologies pour en faire de la
médecine prédictive... Mais nous usons de plus en plus de systèmes d'assurance car la probabilité n'est jamais sûre...
Pris dans ces loteries qui nourrissent de nouvelles industries, nul ne sait ce que nous deviendrons. Le moment que propose la technoscience est celui de l'homme probable dans un monde incertain.
Et après ?...
Seule la démocratie effective, celle qui peut libérer les intelligences, est susceptible de répondre aux situations d'incertitude sans céder aux intérêts particuliers.


En partenariat avec la Fondation Sciences Citoyennes